Les Mous du Genou: le film & le livre !

Les mous du genou, le film BD

On vous avait prevenus !

A force d’appuyer sur les pédales, et ben… ça a fait un film.
Le voilà donc, le documentaire, il est PRESQUE prêt !
Et le livre est fini aussi !
LES MOUS DU GENOU: FRANCE-MONGOLIE A VELO

PRESQUE… C’est le mot, parce qu’on a besoin d’un peu d’argent pour payer des trucs incroyables:
  • l’enregistrement de la voix OFF en studio (avec nos vraies voix)
  • la traduction en anglais (par Anna-Andréa)
  • le gravage des DVDs et la belle couverture du boitier…
  • des nouveaux vel… ha non
Pour soigner notre déprime cinglante post vacances, on est en donc en train de monter une page de crowdfunding.

Avant que les anglophobes, excusez du peu, ne se jettent sur leur Harrap’s Anglais-Francais poussiéreux, on explique: le principe du crowdfunding, c’est que vous donnez un peu d’argent pour un projet contre quelques contreparties, la plupart du temps fallacieuses et futiles.
Mais là, que nenni pour nous, en contrepartie on vous propose (carrément) de pré-acheter le documentaire

Cas bien: Si assez de monde nous finance, et ben on fonce et on vous envoie a chacun le DVD (à partir de 12 euros de contribution, faut pas deconner non plus). Si vous donnez plus, vous aurez même droit à un livre très bien écrit et des belles photos.

Cas moins bien: Si on ne récolte pas assez d’argent, et bien vous êtes remboursés.

On a fixé la jauge a 1000 euros a collecter en 2 mois. 
Et si on fait plus? Et bien on édite le livre qui est déjà écrit! Hehe.
En cliquant sur le titre en marron,
vous accédez au site sur lequel
vous pouvez être généreux…

et surtout vous pouvez voir la super bande annonce !

AH OUI, hyper important: faites passer le lien !! Allez vous allez bien trouver des gens que ca branche, les aventures de deux dégénérés (il y a vraiment autant d’accents que ça dans dégénérés???)
 Comment faire sur le site:

-sélectionner une des contreparties à droite (donc soit le DVD tout seul, soit le livre, soit les photos, soit tout…)
-cliquer sur « Je participe »: le montant de votre participation s’affiche
-le site vous propose alors de vous connecter par Facebook, mais vous pouvez ignorer et vous inscrire directement en créant un compte, donc vous inventez un mot de passe.

C’est mal expliqué sur leur site. Si vous n’y arrivez pas, envoyez nous un mail: pierremanchot@gmail.com ou telephonez-nous: 06.26.44.36.11

Retour au bercail !

Après 11 mois passés autour du monde, environ 17 500 kilomètres au compteur, nous avons retrouvé nos chères Pyrénées et surtout nos familles qui nous ont réservé un accueil digne de ce nom !

C’est le moment de vous remercier, fidèles lecteurs et admirateurs, pour tous les petits mots que nous avons reçus, vous ne pouvez pas imaginer à quel point nous étions heureux de recevoir des nouvelles de France et d’ailleurs !

On continue à voyager un peu dans nos têtes puisqu’on s’est lancé dans la réalisation d’un documentaire pour raconter notre aventure, pas le temps de s’ennuyer ou de déprimer. Par contre, nos mollets sont au chômage technique et ils nous réveillent la nuit, exigeant de faire de tours de pédales !

La première projection aura lieu le jeudi 20 Août à la maison pour tous d’Igon, à 20h.

Documentaire affiche
A très bientôt !

Lucie et Pierre

Quand le genou redevient mou

Quand le genou redevient mou, il aime se glisser sous le comptoir du bar et c’est le coude qui prend le relais, pour porter le verre de la table au gosier !

Parce que ça fait depuis la Croatie qu’on a pas vu un mojito et qu’on est super content de retrouver les copains, on vous donne rendez-vous le vendredi 7 Août à partir de 20h aux Ours, rue des Pyrénées dans le 20ème.

Voilà quelques photos des derniers kilomètres. Gros bisous et à très vite !

Un cycliste venu de Hong Kong

Un cycliste venu de Hong Kong

Une équipe de chercheurs américains répertoriant les rats et souris mongoles

Une équipe de chercheurs américains répertoriant les rats et souris mongoles

A l'heure de la sieste

A l’heure de la sieste

Chèvre schizophrène

Chèvre schizophrène

Sur la piste

Sur la piste

Mais où qu’ils sont passés mes chevaux ??

FormatFactoryIMG_5215

Yak cornu

FormatFactoryIMG_5208

Un ovoo pour la prière au col

FormatFactoryIMG_5205

Soleil du matin dans la vallée d’Ouliastaï

FormatFactoryIMG_5203

Campement

FormatFactoryIMG_5135

Il fait soif par ici

FormatFactoryIMG_5072

Into the wild

FormatFactoryIMG_5055

Au petit matin

FormatFactoryIMG_4976

Petit gué

FormatFactoryIMG_4941

Filtrage de l’eau

FormatFactoryIMG_4930

La route est pas goudronnée que le pont est déjà cassé…

FormatFactoryIMG_4915

Efficacité mongole sur la réparation de la chambre à air

FormatFactoryIMG_4891

Chameaux ou dromadaires ?

FormatFactoryIMG_4878

Le spectacle du soir

FormatFactoryIMG_4870

Piste deux fois trois voies

FormatFactoryIMG_4852

Un cavalier venu de nulle-part

FormatFactoryIMG_5553

Garage à chevaux

Mongolie : Ils sont arrivés à vélo par la Chine

Ca y est on y est !!!

Derrière la douane, une plaine immense s’offre à nous. A gauche et à droite des montagnes, au milieu la route (goudronnée s’il vous plaît), au-dessus le ciel immense et nous. On y avait goûté côté chinois mais ici c’est encore plus grand, et c’est calme !

FormatFactoryIMG_4456
A l’heure où notre estomac crie famine, on passe devant des cabanes, des hommes nous font signe d’approcher. C’est notre premier jour, cette rencontre va donner le ton. On a à faire à huit gaillards, aux lèvres maquillées de rose pour se protéger du soleil disent-ils, en train de picoler de la vodka en attendant le repas. On s’intègre très vite à la fine équipe en commandant une bière de 2,3 L (étrange contenance). Les gars entonnent un chant traditionnel du genre « il est des nôtres » où nous devons chacun notre tour vider le bol de bière puis le retourner sur notre tête pour prouver notre bonne foi… Ça va, c’est plus facile que de pédaler ! A nous de chanter maintenant : au chant mongole répond le chant béarnais, une fillette de 15 ans.

FormatFactoryIMG_4489
Le soir, le lieu de bivouac n’est pas difficile à trouver, la Mongolie semble être un immense terrain de camping totalement vide de touriste. Bon, ok, il y a des moustiques, mais le lieu est magique, surtout lorsque les rayons du soleil couchant viennent dorer le vert de l’herbe.

FormatFactoryIMG_4521

On élabore une feuille de route, pour relever notre défi « tout vélo » : et ben on va pas faire beaucoup de pauses ! Surtout que les tours de manège gratuits en Mongolie, ça va pas manquer.
Par exemple le deuxième jour, la belle route goudronnée qui nous a accueillie se termine déjà, elle est en travaux pour la suite. Dommage. Mais un peu plus au sud, on voit passer des voitures, et elles ne dégagent pas de nuage de poussière derrière elles ! Serait-ce du goudron ? Attirés par ce confort inespéré, on coupe à travers steppe pour rejoindre l’objet de nos désirs. Errrrreur ! On s’est égaré et on a gagné une grosse dizaine de kilomètres supplémentaires sur piste évidemment.
Et la petite ville d’Altaï qu’on visait n’apparaît qu’au dernier moment.

Pause glace à Altaï

Pause glace à Altaï

Dans le Far West ?

Dans le Far West ?

Les distances sont incroyables ici, on a beaucoup de mal à les évaluer et ce qui nous semble tout plat ne l’est pas toujours. Il nous faut apprendre à pédaler en terre mongole, un peu plus compliqué que ce qu’on a expérimenté jusque-là.

Après Altaï, l’asphalte fait son retour. On savoure car on sait bien que ça va pas durer. On remonte une rivière qui débouche sur une large vallée parsemée de yourtes, des troupeaux de chèvres, brebis, chevaux et on rencontre les premiers yaks. Les mongoles s’occupent de rassembler les bêtes. Ils sont superbes dans leurs longs manteaux en tissu brillant, fermés par une ceinture colorée.
On y est !

Attention, famille nombreuse !

Attention, famille nombreuse !

Ceci est un yak

Ceci est un yak

FormatFactoryIMG_4582

FormatFactoryIMG_4589

A droite, le costume mongole

A droite, le costume mongole

FormatFactoryIMG_4614

La route goudronnée nous emmène jusqu’à la province du Gov-Altaï, entre l’Altaï et le désert de Gobi et ce jour-là, elle s’arrête net, au milieu de nulle-part : en piste les mous !
Et la piste c’est toute une histoire. Il y a la belle piste de terre lisse, bien tassée, celle dont on rêve toutes les nuits. Mais dans la vraie vie, il y a la piste caillouteuse qui nous secoue fort le bas des reins, la piste sableuse qui nous plante la roue avant d’un coup et la fameuse « tôle ondulée », pas besoin de faire un dessin. Parfois, il y en a plusieurs en parallèle, alors on fait des essais pour savoir où c’est le mieux en partant du principe de base que l’herbe est toujours plus verte dans le champ du voisin. On zigzague en somme, ce qui nous donne bien sûr l’occasion de se perdre mutuellement. Mais les bus et 4×4 transmettent bien les petits mots d’un cycliste à l’autre alors ça va.
Ça se décline en montée, en descente, sur le plat, vent de dos, de face ou de côté, avec mouches ou sans mouche, au soleil jusqu’à maintenant.
Le tout au milieu d’un paysage époustouflant, qui ne change pas pendant trois jours tellement les montagnes sont loin de nous. Parfois, un cavalier déboule de la steppe, on ne sait pas où il va ni d’où il vient. Il conduit un troupeau de chevaux fougueux, s’arrête pour nous saluer, et pas plus car il n’est pas très bavard.
Après trois jours de traversée du désert sans une habitation ni une ligne électrique, on arrive à la grande ville d’Altaï, à 2100m d’altitude. C’est là qu’on bifurque vers le Nord, l’occasion de changer un peu de paysage. Et de nouveau trois jours sans croiser grand monde, on monte et descend au milieu des collines verdoyantes, jusqu’à la ville d’Ouliastaï. 64 000 habitants d’un coup, au milieu de rien.
Pardon, l’expression « au milieu de rien » revient un peu souvent, mais c’est comme ça ici !
On fait le plein d’eau et de vivres et surtout on se paye le resto ! Parce qu’on n’en peut plus de manger du riz et des pâtes et du corned beef (sisi !) et des biscuits !
(Les mamans, le message est passé ? Moi je rêve de confit de canard et Pierre de makrouts …)

On est arrivé ce soir dans la petite ville de Tosontsengel où on a testé pour vous la douche publique (puisqu’il n’y en a pas dans les 2 hôtels de la ville), c’est top ! Et l’article va s’arrêter là parce que l’auteur est trop fatiguée… A bientôt !

La Chine, parlons-en encore un peu

Nous quittons Urumqi après une longue pause en compagnie de Christophe, un cycliste tarbais en mal de compagnie. Il se dirige aussi vers la Mongolie après 16 mois de vadrouille depuis la France.

Après 40 km, un doute m’assaille : « Pierre, tu te souviens d’avoir rangé le guide de la Mongolie ?? » Après fouille intensive des sacoches, point de guide. Il est certainement resté à l’auberge de Christophe où je l’avais apporté, et ce dernier nous le confirme. On s’est pas trimbalé le guide de la Mongolie depuis trois mois pour le laisser à quelques km de notre destination ! On laisse Christophe au campement avec nos sacoches et on décide de tenter l’aller-retour avant que la nuit tombe. A Urumqi, le livre nous a attendus sagement sur une étagère avec ses copains guides, victoire. On est reparti dans l’autre sens et c’est là que ça se gâte : un énorme orage éclate, l’eau commence à monter dans les rues (avec les égouts au passage), on est trempé jusqu’à l’os et il fait déjà bien sombre. Pas le choix, la course s’arrête là et on trouve un hôtel grâce à l’aide des policiers du quartier.

FormatFactoryIMG_3705

Sur la route à l’Est d’Urumqi, les centrales nucléaires alternent avec les centrales à charbon. En résumé, c’est plat, gris, moche et ça sent pas bon. Parfois, on traverse une ville en construction qui semble avoir poussé là comme un champignon. Pour qui ??

Derrière le porche se cache une centrale...

Derrière le porche se cache une centrale…

C’est dans ce paysage que Pierre entame une longue série de crevaisons… il faut dire que les pneus commencent à rendre l’âme. Et pourquoi Lucie ne répare jamais demandiez-vous ? J’ai plus de chance sans doute ! Et puis mes réparations sont beaucoup moins photogéniques, le changement des freins n’est pas un sujet passionnant pour un reportage…

Crevaison 1

Crevaison 1

Crevaison 2

Crevaison 2

Enfin, on bifurque vers le Nord, direction la Mongolie : le but approche ! Fini les usines, on entre dans une région très désertique, on n’est pas très loin du désert de Gobi. Il fait chaud, il fait de plus en plus chaud et on multiplie les stratégies pour obtenir l’ombre. Une petite chaîne de montagne nous apporte un peu de fraîcheur mais ça ne dure pas. A la redescente, on retrouve le désert et de nouveaux amis accompagnent nos soirées : les moustiques ! Y a parfois de quoi devenir dingue. Pierre se carapate dans la tente dès qu’il peut, quitte à mourir de chaud tandis que je me couvre de la tête aux pieds, en triple épaisseur pour ne pas se faire piquer à travers les habits. Total des opérations, on a le visage et les mains couverts de boutons !

Il fait chaud !

Il fait chaud !

Il fait tellement chaud !

Il fait tellement chaud !

FormatFactoryIMG_3878FormatFactoryIMG_4104

Deuxième ptit déj offert !

Deuxième ptit déj offert !

On est encore un peu à l’avance pour des questions de visas alors on quitte la route principale, histoire de s’entraîner un peu à rouler sur les pistes. Après quelques km, une tempête de sable nous arrête. Ça nous fouette la peau, et le vent est tellement fort qu’on ne peut plus avancer. On se réfugie contre le muret d’une petite maison en terre, et 5 minutes après, on est attablé devant le thé, le pain et le beurre. Tout est bien qui finit bien, mais on n’aura pas beaucoup avancé aujourd’hui !

Tempête de sable

Tempête de sable

Le lendemain, on s’aventure pour de vrai sur la piste, qui démarre au milieu des mines de charbon, le paysage est étrange : nous longeons d’énormes conduites et plusieurs rangées de fils électriques, on est toujours en Chine ! En haut d’une montée, nous sommes récompensés de nos efforts par une superbe vue. On devine la rivière au loin et un village où on pourra se ravitailler en eau. Lorsqu’on approche des maisons, un fort vent de face nous empêche d’avancer. On est obligé de s’arrêter et les curieux débarquent un par un. On est au milieu de nulle-part, pas sûr qu’ils aient souvent vu des touristes par ici. On est observé, la discussion tourne court par manque de vocabulaire, il faut faire quelque-chose pour détendre l’atmosphère : mesdames et messieurs, concert ! Ça marche à tous les coups, les gens commencent à taper dans leurs mains et les sourires illuminent les visages. Pendant ce temps, le vent est retombé, on peut reprendre la route.

FormatFactoryIMG_4270

Charmant paysage

Ca pourrait ressembler à ça la Mongolie !

Ca pourrait ressembler à ça la Mongolie !

Autour de la carte

Autour de la carte

Mongolie J-1 : On mange au resto pour fêter ça, on fait le plein de fruits et légumes parce qu’après c’est terminé et on campe à quelques kilomètres du poste frontière parce que demain on veut pas être en retard. Pour cette dernière soirée, les moustiques se sont invités à la fête. Pas un ou deux, ni dix, ni vingt, des centaines rôdent autour de notre tente dans un bourdonnement assourdissant, ça s’annonce bien la Mongolie !

Christophe nous laisse là pour tracer sa route à la vitesse grand V. Les rencontres cyclistes apportent toujours quelque-chose. Cette fois, on a appris à faire des bracelets en macramé, on fait désormais tremper nos raisins secs pendant la nuit pour qu’ils soient tout gonflés le lendemain, et on fait cuire une douzaine d’œufs durs à la fois pour pouvoir en manger à tous les repas !

Atelier bracelet

Atelier bracelet

Welcome to China !

Aujourd’hui, c’est deux articles pour le prix d’un et peut-être le JT 300 tant attendu !

Khorgos, la ville frontière ne ressemble en rien à son homologue kazakh. C’est une grande ville, avec de grands immeubles, des écrans animés géants, de larges routes et des véhicules électriques à deux ou trois roues dans tous les sens, c’est disneyland. On vient d’être projeté 50 ans en avant !

FormatFactoryIMG_2891

FormatFactoryIMG_2832

Champs de lavande, moulins et publicité pour la Provence chinoise

Champs de lavande, moulins et publicité pour la Provence chinoise

On prend juste le temps d’échanger un peu d’argent et on écourte la séance photo pour tenter de sortir de la ville avant la nuit. La seule possibilité semble être une énorme autoroute mais heureusement, elle est longée par une route plus petite, une sorte de piste cyclable en fait. Ça devrait pas être facile de planter la tente par ici : tout est construit, cultivé, clôturé, habité… On bifurque sur un petit chemin de terre mais c’est raté, il conduit à une maison. Peut être au milieu des arbres un peu plus loin ? L’endroit n’est pas très accueillant, c’est marécageux, ça sent pas la rose et les premiers moustiques nous attaquent… mais nous n’avons pas vraiment le choix. Un vieux monsieur s’est assis sur un banc devant la maison, on lui demande si on peut s’installer dans le coin. Il n’essaie même pas de nous parler dans sa langue et on comprend à ses gestes qu’il nous invite chez lui. On rejoint sa famille, ses enfants et petits-enfants sans doute : ils ressemblent beaucoup plus à des kazakhs qu’à des chinois, que ce soit physiquement ou dans leur langage. Je me risque à prononcer un mot de kazakh et ça marche ! En fait ils sont Ouighours, une des ethnies les plus importantes de la région. On nous sert une énorme assiette de plov, le plat traditionnel de toute l’Asie centrale et on passe une excellente soirée à regarder le globe et à faire des maths, sisi!!! Ce n’est pas tout à fait ce qu’on imaginait de la Chine, mais cette première soirée est de très bon augure !

FormatFactoryIMG_2793

Autour du globe

Autour du globe

La route jusqu’à Yining est assez ennuyeuse : elle est bordée de deux rangées de peupliers et de l’autre côté des cultures a n’en plus finir, pas un mètre carre de terre n’est laisse à l’abandon. Les champs de maïs, de pommes de terre, de blé, d’avoine sont traversés par une multitude de canaux d’irrigation et tout est au cordeau. Tout était tellement sec et désertique côté kazakh, le changement est radical et n’a rien de très naturel… Pendant notre pause de midi en contre bas de la route, un cycliste passe ! Incroyable, en voilà un deuxième ! Dans un élan d’enthousiasme, Pierre court les interpeller et le deuxième finit par faire  demi-tour mais il est pressé et ne parle pas un mot d’anglais…, la joie habituelle de rencontrer des homologues cyclistes retombe, nous sommes déçus ! En fait on se rendra vite compte que les cyclistes chinois en chine sont nombreux, la plupart ne parle pas anglais et ils sont souvent pressés. Notre difficulté à communiquer laisse place à des séquences photo interminables, toutes les combinaisons doivent être dans la boîte : toi avec moi, lui avec moi, vous deux avec moi…

Première rencontre cycliste

Première rencontre cycliste

A Yining, nous prenons un hôtel, la douche devient urgente et nous consacrons une bonne partie de l’après-midi à la visite d’un supermarché. Nous sommes bien incapables d’identifier une bonne partie des marchandises. Les rayons pâtes chinoises et sauce soja sont démesurés, il y a un tas de produits sur-emballés dans des paquets multicolores. Le rayon fromage est désappointant, il va falloir faire une croix dessus. On prend quand même la seule chose qui pourrait y ressembler, une sorte de vache qui rit, en faisant bien attention de ne ne pas choisir celui à la fraise… Au rayon charcuterie Pierre choisit une saucisse emballée dans du plastique noir, c’est pour l’expérience. Résultat des courses, le fromage est aromatisé à la vanille et le boudin noir est en fait un œuf en forme de saucisse. Un oeuf de quoi ? Allez savoir…

A l'hôtel, petit déjeuner déconcertant.... On veut du sucre !!!

A l’hôtel, petit déjeuner déconcertant…. On veut du sucre !!!

Rayon surimi

Rayon surimi

Rayon oeufs frais

Rayon oeufs frais

La fameuse vache-qui-rit...

La fameuse vache-qui-rit…

Et enfin l'oeuf-saucisse

Et enfin l’oeuf-saucisse

Après Yinning, on décide de quitter cette route plate et ennuyeuse et on s’enfonce dans les montagnes en direction d’Urumqi. Le vert des collines environnantes est un peu plus naturel que toute cette agriculture intensive qui envahit la plaine, on respire un peu. La route nous conduit dans une jolie vallée, les yourtes fleurissent un peu partout. C’est la période de la transhumance, les cavaliers conduisent les troupeaux vers les pâturages d’été et souvent un camion les suit avec tout le matériel pour construire la yourte. Un matin, des hommes nous interpellent avec de grands gestes. Je rêve de visiter l’une de leurs yourtes donc on n’hésite pas longtemps. L’intérieur est magnifique, tout décoré de tissus fleuris dans les tons rouges, on s’assoit autour d’une table basse pour prendre le thé ou manger et le soir venu, on étale les matelas et couvertures empilés dans un coin pour y dormir.

On se retrouve donc attablés avec le fameux thé au lait salé (c’est pas si mauvais), du pain, du beurre et des merveilles, aussi bonnes que celle du marché de Nay !! Les hommes présents sont venus voir l’installation dErjian, ils lui ont confié leurs troupeaux pour l’été. Erjian et a famille sont installés ici pour 3 mois et on comprendra plus tard que leur activité principale est de faire chambre d’hôtes dans leurs yourtes. Mais pour nous, c’est cadeau, nous sommes invites à manger avec eux et à rester dormir. Erjian est un peu mégalo et fait du cinéma à longueur de temps, ce qui donne lieu à de bons fous rires. Par exemple quand il me passe une bague au doigt en chantant l’hymne des mariages ! Ca y est, nous faisons partir du clan. Il a aussi une superbe voix et nous sommes tout émus de l’entendre chanter le temps du muguet (version originale russe bien sûr) en s’accompagnant avec son instrument traditionnel.

Apres une bonne balade, on redescend au campement. Kupkan est en train de faire des pains par dizaines. Je tente de l’aider mais mes mains maladroites ne font pas vraiment avancer le travail. Ensuite on assiste l’oncle dans la préparation du mouton. En quelques minutes, le bête est achevée, dépecée et découpée en petits morceaux, on sent qu’il a de l’expérience! Pierre réussit à couper un peu de bois et pour finir, on nous confie l’atelier brochettes. Pas facile de se rendre utile ! A la fin de l’après-midi, les deux enfants de la famille arrivent de la ville, ce sont les vacances ce soir, ils vont s’installer avec leur parents pour tout l’été. Aidjan, leur fille de 15 ans, se débrouille bien en anglais, ça fait du bien d’avoir une interprète. L’heure est venue de manger et on déguste les délicieuses brochettes sans savoir que ce n’est que l’apéritif… Apres ça vient une assiette de foie de mouton (hmmmmm!!) et comme on est les invités on en a une juste pour nous, puis le bouillon de mouton, puis les nouilles et la viande de mouton. On est attables avec les hommes, et on nous invite à manger manger manger… notre estomac va exploser ! Vivement la nuit dans la yourte!

Chèvres aux cornes multicolores

Chèvres aux cornes multicolores

Transhumance...

Transhumance…

à dos de chameau pourquoi pas

à dos de chameau pourquoi pas

FormatFactoryIMG_3220

On est pas bien là ?

On est pas bien là ?

FormatFactoryIMG_3244

Thé au lait salé

Thé au lait salé

Thank you Erjian !

Thank you Erjian !

Barbecue

Barbecue

Pour les gourmands le foie de mouton

Pour les gourmands le foie de mouton

n grand merci à toute la famille !

n grand merci à toute la famille !

Apres cette bonne pause, on reprend la route en direction du col. On attaque la montée par une belle journée, ça se fait bien et le sommet arrive plus vite que prévu puisqu’un tunnel a été creuse pour atteindre l’autre versant. C’est le début d’une descente interminable, avec un vent de face qui se lève dans l’après-midi. On peine à avancer dans cette vallée austère, on zigzague entre les pierres tombées sur la route et il nous faudra une deuxième journée de descente pour arriver dans la plaine.

Dans la montée

Dans la montée

Le col

Le col

Un seul panneau tous les 10 km c'est un peu léger vu l'état de la route...

Un seul panneau tous les 10 km c’est un peu léger vu l’état de la route…

FormatFactoryIMG_3469

Le paysage change radicalement, tout est plat à l’horizon, avec au milieu les énormes tours de la petite ville où nous arrivons. Nous nous arrêtons faire quelques courses et Handy nous interpelle en anglais : il est lituanien, vit ici depuis trois mois et nous propose de venir se doucher chez lui entre deux heures de cours. Nous acceptons avec grand plaisir, ainsi que l’invitation à dormir pour le soir ! Nous rencontrons aussi sa copine Azia et passons une bonne soirée à échanger sur notre ressenti sur la Chine, ce pays aux multiples facettes. Merci pour l’accueil !!

FormatFactoryIMG_3488

FormatFactoryIMG_3499

On a du mal à décoller le lendemain, peu motivés par la chaleur et la route ennuyeuse qui nous attend. Route qui s’avère vraiment désagréable en fait : c’est désertique et les zones humanisées qu’on traverse sont hyper industrialisées ou les champs sur-exploités, les rivières sont à sec, ça pue partout… on était bien dans les montagnes !

FormatFactoryIMG_3507

FormatFactoryIMG_3571

On arrive enfin à Urumqi, ville de 4 millions d’habitants, la capitale de la région du Xinjiang et on s’installe pour quelques jours parce que nous sommes en avance sur le planning ! C’est l’occasion de se reposer, d’être propre plusieurs jours d’affilée et de sentir bon, de se laisser tenter par tous les petits restos qui envahissent la ville, d’observer les chinois danser ou faire leur gymnastique dans les parcs et de rencontrer d’autres cyclos. C’est pas mal la vie citadine aussi !

Le cirque de Pekin ??

Le cirque d’Urumqi ??

Plus que quelques kilomètres avant la Mongolie, on touche au but !!

Du Kirghizstan à la Chine

A l’autre bout du lac Issik Kol se trouve la petite ville de Karakol, point de départ de nombreux treks dans les vallées alentour. L’occasion de tester si les selles de cheval sont plus confortables ! On s’embarque donc pour cinq jours de chevauchée avec notre guide Jockey …ça ne s’invente pas !! Jockey est très réservé et ne connait pas d’autre mot anglais que OK, ça va pas être facile … Nos quittons la plaine sous le soleil et trottons vers la jolie vallée de Karakol, on a même pas mal aux fesses, tout s’annonce bien.

Mais le lendemain, le temps a tourné, et c’est parti pour deux jours de pluie, grêle et orage. Notre guide doit bien se demander ce qui nous motive à continuer, nous aussi d’ailleurs… Heureusement, tout vient à point à qui sait attendre et nous arrivons le troisième soir, trempés comme des soupes, à Altyn Arashan, jolie vallée traversée par une jolie rivière et surtout connue pour ses sources chaudes !! Avec ce temps exécrable on est les seuls touristes, c’est parfait. Nos corps tout froids demandent quelques minutes pour s’habituer à la température de l’eau mais ils finissent par comprendre que c’est plus agréable que la pluie froide et on passe  l’après-midi à se prélasser dans le bain brûlant, c’est le Bonheur.

SOS animaux en détresse

SOS animaux en détresse

Une petite éclaircie quand même

Une petite éclaircie quand même

Sèche-linge

Sèche-linge

Le lendemain, le soleil nous sort des sacs de couchage à 7h du matin. Nous sommes sur le qui-vive, près à démarrer. La balade d’aujourd’hui nous conduit à un lac qui nous apparait au dernier moment. Le paysage est surprenant, on a du mal à distinguer ce qui est l’eau, la montagne et son reflet, c’est splendide. Et il fait toujours beau !!!

A notre retour au campement, quelques touristes sont arrivés, dont les rustines libérées, un couple de cyclistes français ! On passe la soirée à échanger sur nos aventures, et nos problèmes de réchaud… Ils arrivent tout juste de Chine, leurs récits nous font envie !

Dernier jour de notre chevauchée fantastique, une bonne journée nous attend pour redescendre à la ferme d’Almaz. Les chevaux sentent qu’on est sur le chemin du retour et deviennent de plus en plus excités, surtout le mien qui était plutôt mou du genou jusqu’à maintenant… le voilà qui devient capricieux, qui mange à tous les râteliers et quand il s’aperçoit qu’il est en retard, il fonce, il rue et me malmène… je manque de tomber deux fois et finis la journée un peu stressée, on a frôlé l’accident !

Altyn Arashan

Altyn Arashan

FormatFactoryIMG_2165

Whaouuuu !

Whaouuuu !

Nomades installés pour l'été

Nomades installés pour l’été

Les rustines libérées

Les rustines libérées

Ces cinq jours de coupure nous ont fait le plus grand bien et même si nos vélos nous demandent un peu plus d’efforts pour les faire avancer, on est content de les retrouver !

Nous quittons le lac Issik Kol pour se diriger vers la vallée de Karkara, où nous passerons la frontière pour la Kazakhstan.

Apres une bonne journée de pédalage, un petit garçon guidant fièrement son cheval nous fait sortir l’appareil photo. Ni une ni deux, son papa nous propose de prendre le thé. On accepte avec plaisir, ce sera un bon moment pour terminer notre passage en pays kirghize. S’ensuit la visite du jardin, de la maison, un petit tour à cheval pour Pierre et finalement nous sommes invites à dormir.

FormatFactoryIMG_2382

Allez, on échange !

Allez, on échange !

FormatFactoryIMG_2446

Le lendemain, Kayra nous réveille à 5h du matin. La journée démarre tôt car il doit monter à la jailoo (pâturage d’altitude où il laisse ses troupeaux pour l’été) pour tondre les moutons et redescendre les peaux. Apres un bon petit déjeuner, on démarre ensemble sur la route goudronnée qui se transforme très vite en piste caillouteuse… un petit avant-gout pour la Mongolie ! On retrouve le père et son petit garçon plusieurs fois sur le chemin et on arrive ainsi près de la frontière kazakhe. L’endroit est totalement perdu, on se demande bien comment il peut y avoir un poste frontière ici mais c’est bien là, on ne s’est pas trompé. D’ailleurs Dan et Stéphanie, un couple de Hollandais qui voyagent en 4×4, viennent tout juste de traverser et s’arrêtent au bord de la route : chouette, des anglophones ! L’occasion de sortir la nappe de pique-nique, de manger un morceau ensemble et croyez-le ou pas, de déguster une bouteille de Pouilly Fuissé, fraîche s’il vous plait, directement venue de bourgogne par voie terrestre !! Merci pour ce bon moment !

Vallée de Karkara

Vallée de Karkara

C'estle gran confort, merci Dan et Stéphanie !

C’est le grand confort, merci Dan et Stéphanie !

Le poste frontière existe bien, on est tout seul évidemment, ça semble trop simple. La sortie kirghize se fait en quelques secondes et les douaniers kazakhs nous accueillent à bras ouverts! Pour passer le temps en attendant le supérieur parti manger, on ose un petit concert d’ukulélé, les douaniers dégainent leurs smartphones et nous voilà sous les feux de la rampe ! Quelques mètres plus loin, il faut enregistrer notre arrivée et pendant que j’inscris les numéros dans le bureau, Pierre établit le lien social. La scène est plus qu’originale : les douaniers assistent l’un de leurs collègues en train de dépecer un mouton ! Et voilà qu’on nous apporte des fruits, des Kurt (boulettes de fromage séché) et du Koumiz (lait de jument fermenté) ! Et comme l’ambiance est bonne, Pierre sort une petite bouteille de vodka qu’il gardait au fond de ses sacoches ! A la douane, faut le faire quand même … Pour nous remercier, le douanier nous fait un cadeau, une énorme bouteille de vodka kazakhe pour remplacer l’ancienne !

Concert !

Concert !

Et mouton...

Et mouton…

KAZAKHSTAN

Nous sommes en transit pour 4 jours seulement, la frontière chinoise est proche et nous sommes presses d’y arriver. Malgré tout, l’accueil des kazakhes est très chaleureux, on les sent un peu moins bourrus que les kirghizes mais tout aussi bourrés comme en témoigne cette invitation à la vodka au bord de la route…

Nasdrovie !

Nasdrovie !

A Kegen, accueillis chaleureusement par des enfants  kazakhs

A Kegen, accueillis chaleureusement par des enfants kazakhs

Faune kazakhs, ça ressemble à une migalle non ???

Faune kazake, ça ressemble à une migale non ???

In the middle of nowhere

In the middle of nowhere

Il ne nous reste que les tunnels pour se mettre au frais !

Il ne nous reste que les tunnels pour se mettre au frais !

Le seul arbre du Kazakhstan

Le seul arbre du Kazakhstan

T'as pas l'air vraiment sympas toi ...

T’as pas l’air vraiment sympas toi …

Pierre, fuyant la tempête

Pierre, fuyant la tempête

Pour notre dernier jour, nous roulons au milieu de la steppe sous la chaleur écrasante, la zone est désertique et enfin la frontière se dessine.

Côté kazakh, c’est aussi simple qu’à l’arrivée. On refile notre bouteille de vodka à un employé, pour éviter tout problème avec les chinois. Il refuse d’abord, on insiste, il hésite puis il finit par la ranger sous un bureau. On nous a raconté tellement d’anecdotes sur les douanes chinoises qu’on va essayer de se faire discrets.

On sort de ce grand bâtiment délabré et on démarre un grand tour de manège de 5 km sur une route parfaitement goudronnée, encadrée par une double rangée de barbelés, avec des caméras de surveillance tous les dix mètres, ca déconne pas ici. C’est bête parce on le voit bien le poste frontière chinois, juste quelques mètres devant nous…

On arrive enfin après ce détour interminable, accueillis par de beaux panneaux lumineux multicolores dans un espace hyper aseptisé. Finalement tout est simple ici aussi, nos sacoches passent au scanner, nos passeports sont enregistrés et c’est parti !!

Kirghiztan – D’Osh à Karakol

Du côté kirghize de la frontière, tout est très simple. L’officier nous dit « welcome to Kirghizstan », un coup de tampon sur notre passeport et nous y voilà ! Depuis plusieurs années, les européens n’ont pas besoin de visa pour venir ici, c’est quand-même beaucoup plus accueillant !

FormatFactoryIMG_0574

La ville d’Osh est collée à la frontière, on décide d’y élire domicile pour deux trois jours. On a besoin de se reposer, de se laver et de refaire ce %#?. %#%;! de JT250 qui ne veut plus s’ouvrir…
C’est ainsi qu’on fait la rencontre de notre premier chapeau kirghize. On le croirait tout droit sorti d’Alice au pays des merveilles mais les couvre-chefs de feutre blanc se multiplient autour de nous, ce n’est donc pas une blague !

FormatFactoryIMG_0660

Au bazar d'Osh, on les achète pour une poignée de soms

Au bazar d’Osh, on les achète pour une poignée de soms

Osh, marché aux animaux

Osh, marché aux animaux

En marchant dans la ville déserte le soir, on tombe sur des chars en alu et carton-pâte, des ribambelles de ballons jaunes et rouges et des affiches King size disposées autour de l’imposante statue de Lénine : il se trame quelque-chose. Demain c’est le 9 Mai, jour anniversaire de la fin de la guerre 41-45 et il y aura une parade, on ne doit pas rater ça !
Depuis 9h le matin, la foule est rassemblée pour le défilé. Les discours alternent avec la présentation des différents corps de l’armée puis des enfants costumés s’agitent pour nous faire revivre les combats, d’un côté les nazis, de l’autre les russes et kirghizes. Ils font semblant de s’affronter avec leurs fausses mitraillettes et leurs avions en papier qu’ils tiennent au bout de longues perches. C’est très drôle à voir et ça nous fait un peu oublier la voix tonitruante du militaire qui hurle pour contenir les spectateurs.

Mais pourquoi cette statue de Lénine est toujours là ??

Mais pourquoi cette statue de Lénine est toujours là ??

FormatFactoryIMG_0615

La campagne environnante nous transporte dans notre cher pays basque : pluie fine, collines verdoyantes et troupeaux de brebis à des kilomètres à la ronde, on aurait pu s’y méprendre. Sauf que toute la différence est là, dans la queue du mouton. Chez nous, elle est discrète, on la remarque à peine alors qu’ici on la cultive, les kirghizes en ont même fait leur plat national ! Nous avons réussi à nous épargner cette découverte gustative pour le moment, peu attiré par la teneur en gras de ce morceau de choix !

FormatFactoryIMG_1431

Sacré popotin !

FormatFactoryIMG_0941
Pendant notre pique-nique, deux têtes blondes surgissent : Johannes et Florian, des cyclistes allemands partis de Pékin il y a deux mois en route vers leur pays natal. On est content de partager nos impressions et une petite journée de vélo ensemble.

Johannes et Florian

Johannes et Florian

Après les vieux en Turquie, les pères de famille en Iran, les mamas en Ouzbékistan, les écoliers kirghizes sont notre nouveau public. Nous répondons avec de grands sourires aux « Hello » et aux mains tendues. Ils sont trop mimi dans leurs uniformes noirs et blancs, surtout les petites filles avec leurs rubans blancs dans les cheveux.

FormatFactoryIMG_0811FormatFactoryIMG_0814FormatFactoryIMG_1251

Est-ce que ceux-là vont à l'école ??

Est-ce que ceux-là vont à l’école ??

Pour rejoindre Bichkek, la capitale du pays, il faut passer deux cols à plus de 3 000 m d’altitude.
On s’élève petit à petit en suivant la vallée de la Narin. Très vite, la rivière se transforme en un immense lac de barrage, puis un deuxième. La route fait les montagnes russes tandis que l’eau en contre-bas est impassiblement plate : il faut prendre un maximum d’élan dans les descentes pour minimiser les efforts dans les montées mais je ne suis pas très forte à ce jeu-là. Il fait beau et chaud, la baignade s’impose dans ces eaux bleu turquoise.

Avant l'orage ...

Avant l’orage …

Vallée de la basse-Naryn

Vallée de la basse-Naryn

FormatFactoryIMG_1104

Lac de barage

Lac de barrage

C'est pas facile tous les jours !

C’est pas facile tous les jours !

Mais après l'effort, le réconfort

Mais après l’effort, le réconfort

Dans la petite ville de Karakou, on trouve un supermarché comme on en a pas vu depuis longtemps, il y a même des caddies ! Alors qu’on sirote une bière assis comme deux clochards devant l’entrée du magasin, un vieux monsieur s’approche.

  • « At kouda ?
  • Francia
  • François Hollande, plaroy, plaroy  ! Mush, gena, karacho ! Mush e mush, plaroy ! »

Le monsieur est bien au courant de l’actualité française et est totalement choqué par le mariage gay !!

On arrive ainsi au lac de Toktogul, point de départ de l’ascension du col d’Ala Bel. Le réveil sonne à 5h, à 6h30 on enfourche nos vélos et c’est parti pour 65 kilomètres de montée et 2 000 m de dénivelé. La route remonte tranquillement une rivière, il fait beau, le moral est bon, ça devrait bien se passer.
Pause lessive à 10h, un chauffeur s’arrête et on comprend que deux cyclistes italiens sont devant nous, il faut les rattraper ! A midi, j’abandonne Pierre dans un traquenard : deux kirghizes réparent la roue de leur tracteur sur le bord de la route, et en profitent pour s’hydrater de vodka et d’orge fermentée. Très peu pour moi…

FormatFactoryIMG_1290
Un peu plus haut, on voit les premières yourtes et roulottes. Des nomades se sont installés pour l’été avec leurs troupeaux de chevaux, et vendent le traditionnel koumis, du lait de jument ferment. C’est très bon pour la santé paraît-il mais on ne s’y est pas encore risqué.

FormatFactoryIMG_1307FormatFactoryIMG_1555
Après le pique-nique, le ciel s’assombrit, et on termine l’ascension du col, non sans peine, sous des flocons de neige ! La vue doit être terrible mais ce sera pour une autre fois… Il est tard, il fait froid, on s’abrite dans l’appentis d’une maison fermée pour grignoter et finalement pour y passer la nuit. L’occasion de ressortir gants, bonnets et doudounes, l’hiver n’est pas tout à fait fini !

Le col !

Le col !

Notre abri de fortune

Notre abri de fortune

Réveil matinal le lendemain pour une longue descente cette fois, dans la vallée de Susamyr. Après 70 km de pédalade, il est seulement 10h du matin quand on arrive au pied du second col. On décide de s’y attaquer même si les gambettes sont un peu fatiguées. On devine les lacets à flanc de montagne sans en voir la fin, c’est beaucoup moins engageant que la vallée bucolique de la veille. L’énergie manque un peu pour moi mais quand faut y aller faut y aller. Je compte les minutes et les kilomètres alors que Pierre a l’air frais comme un gardon, en me demandant combien de virages se cachent derrière le dernier virage… La chance nous sourit, le dernier virage est bien le dernier puisqu’on a construit un tunnel quelques kilomètres avant le vrai col. Pour éviter l’intoxication, on enfourne nos vélos dans la remorque d’un poids lourd et on ne regrette pas notre choix : le tunnel est étroit, mal éclairé et bien embrumé par les gaz d’échappement.
De l’autre côté, c’est le brouillard et le grand froid. On devine une longue série de lacets avant que la route ne disparaisse entre les montagnes. Le brouillard fait vite place à la pluie battante et on continue la descente dans une vallée étroite et austère. De fortes pentes de gravier rouge tombent raides au bord de la route et on n’est pas à l’abri d’un éboulement à chaque virage. On zigzague entre les cailloux déjà tombés, les flaques d’eau pour ne pas être totalement trempés mais c’est peine perdue. Pas moyen ni envie de s’arrêter, le pilote automatique est enclenché jusqu’au premier endroit où on pourra se mettre au chaud.

18 Mai, Pause à Bishkek chez un warmshower devenu camping.
On a enfin rattrapé les italiens ! Leur projet est de passer les 7 plus hauts cols du monde, on est des petits joueurs à côté ! Un autre couple d’Italien est là aussi, ils doivent « ré-inventer » leurs bicyclettes comme dit Daniele, pour pouvoir poursuivre leur voyage vers la chine.
On s’inscrit dans le thème des réparations : la gente de la roue arrière de Pierre est au bord de l’explosion et plutôt que d’amener son vélo au magasin, Monsieur Bricolage se lance dans la construction d’une nouvelle roue, à partir d’un anneau, de 32 rayons avec 4 tailles différentes (surtout ne pas mélanger) et de l’ancien moyeu.

FormatFactoryIMG_1346FormatFactoryIMG_1353FormatFactoryIMG_1377

Pendant ce temps, Antoine et Claudine teste leur machine à coudre miniature made in India

Pendant ce temps, Antoine et Claudine teste leur machine à coudre miniature made in India

Daniele, Helena, Daniele, Simona

Daniele, Helena, Daniele, Simona

Après quelques heures, beaucoup de patience et trois soirées pasta, nous voilà prêts à repartir vers le lac Issik-Köl, destination prisée des touristes russes. Mais en cette saison, point de touristes. Les plages de cet immense lac de 200 km de long sont pour nous, on se croirait au bord de l’océan avec le bruit des vagues et le sable fin et à la place de l’horizon, une immense chaîne de montagnes aux sommets enneigés, c’est paradisiaque !

Tempête près du lac Orto-Koy

Tempête près du lac Orto-Koy

Après la pluie, le beau temps !

Après la pluie, le beau temps !

Maison en containers, une spécialité kirghize

Maison en containers, une spécialité kirghize

Nostalgie de l'ère soviétique

Nostalgie de l’ère soviétique

Y a quelqu'un ??

Y a quelqu’un ??

Même pas besoin de cocotiers !

Même pas besoin de cocotiers !

Ouzbekistan – De Boukhara à Andijan

Premiers coups de pédales en Ouzbékistan, ce pays a l’air bien vivant. Il y a du monde partout ce matin, des hommes sur leurs vélos, des femmes dans les champs, des enfants sur le chemin de l’école, on se fait héler et klaxonner de toute part. Les femmes d’une cinquantaine d’années sont les plus communicantes, elles nous font de grands signes et leurs larges sourires laissent apparaître leurs dents dorées.

Bon ben on est pas arrivé !

Bon ben on est pas arrivé !

Les ouzbèques sont curieux et nous abordent facilement.
La question N*1 est At kouda, à laquelle nous répondons Francia. Parfois ils tentent leur chance pour deviner notre nationalité. Ils gagnent souvent mais on nous prend régulièrement pour des russes et même parfois pour des japonais!
La question N*2 est genat ? (mariés ?), à laquelle nous répondons oui pour éviter de rentrer dans des explications compliquées.
La question N*3 : dietie ? (des enfants?). Et là c’est l’incompréhension totale. A notre âge, pas d’enfants ???
Parfois les questions ne viennent pas et on répond par un sourire aux regards hébétés qui signifient « mais qui sont ces extraterrestres ?? »

Après les premières courses on se dit que c’est pas ici qu’on va grossir. On peut dire adieu aux bons fruits et légumes d’Iran, le seul fromage qu’on trouve est vraiment dégueulasse, les épiceries sont remplies de biscuits rances… Les typiques somsa, sortes de feuilletés fourrés au mouton sont beaucoup moins bons qu’ils en ont l’air. Disons qu’il faut aimer le gras de mouton. Heureusement le pain est bon!

Le PAIN !

Le PAIN !

L’Ouzbékistan est beaucoup plus vert qu’on imaginait. Des canaux d’irrigation courent à travers tout le pays pour faire pousser céréales et coton. Les ouvrières agricoles démarrent tôt le matin, armées de leur pioche ou de leur faucille et elles travaillent sur des parcelles immenses, jusqu’ au coucher du soleil. Y a pas à dire, la mécanisation ça a du bon.

Pour notre deuxième nuit ici, on est invité par un bonhomme à dormir chez lui. L’occasion de découvrir ce qui se cache derrière les murs des immenses maisons ouzbèques. Mais le bonhomme nous abandonne à notre sort dans la pièce où nous dormons, après nous avoir montré les toilettes. A vrai dire on aurait préféré rien savoir. Je crois qu’on a passé un cap en matière d’hygiène… Allez on est sympa, on vous épargne les détails. Le lendemain matin, l’ambiance est plus détendue, à tel point que le bonhomme nous fait voir le sexe tout frais circoncis de son petit-fils pendant qu’on avale le petit déjeuner… Bon appétit bien sûr!

Notre famille d'accueil

Notre famille d’accueil

18 avril, pause à Boukhara. Après une matinée galère pour retirer des dollars, on peut enfin se détendre et profiter du calme de la ville et de la beauté des mosquées et médersas.  On visite aussi l’Arc, ancienne place forte de la ville.  Pierre a un succès fou auprès des jeunes filles endimanchées, et prend la pause avec elles toutes les 5minutes!
FormatFactoryIMG_8948FormatFactoryIMG_8949FormatFactoryIMG_8958FormatFactoryIMG_9089

Ouzbeques endimanchées devant la statue de nasrudinne hodja

Ouzbeques endimanchées devant la statue de nasrudinne hodja

A la sortie de la ville, deux petites « tsiganes » nous alpaguent, curieuses de nous voir passer. En quelques minutes, on comprend le racisme dont elles sont victimes. Lorsqu’on demande leurs prénoms, un homme répond l’équivalent de « tsigane » et « tsigane », elles n’ont pas de prénom selon lui. Puis un chauffeur leur arrache quelques larmes avec une remarque désobligeante. Elles nous serrent fort dans leurs bras au moment de se séparer, sans doute heureuses de l’attention qu’on leur a accordée. C’est l’histoire de ceux qui sont nés  quelque part…
FormatFactoryIMG_9098FormatFactoryIMG_9099
On décide de faire un tour dans les steppes au nord-est de Nourata avant de rejoindre Samarkand. En haut d’un petit col, le paysage nous fait tourner la tête: de la steppe à perte de vue, quelques troupeaux et rien. On longe plusieurs jours une chaine de montagne au milieu de ce paysage immense. La chaleur écrasante nous oblige à adapter notre rythme : lever 5h30, installation d’un campement pour la sieste car pas un arbre à l’horizon, quelques km en soirée et nuit à la belle étoile.

Camp d'été

Camp d’été

FormatFactoryIMG_9452
Dans une petite ville sur la route, une coiffeuse me propose ses services gratuitement. Ne serait ce que pour le shampoing, j’accepte avec plaisir. Elle passe un temps fou à me faire un brushing qui sera aplati en quelques minutes par mon casque de vélo…

Le bonheur !

Le bonheur !

FormatFactoryIMG_9336

Coupe ouzbeque

Coupe ouzbeque

Il nous faut traverser les montagnes pour rejoindre Samarkand. Le goudron se fait de plus en plus rare sur la route et l’ascension du col s’annonce difficile sous cette chaleur. A mi-montée, on nous invite à la vodka. C’est plus excitant que de pédaler. Après cette pause rafraichissante le zigzag entre les nids de poule n’est plus si facile!
Deux jours plus tard, le vent vient mettre son grain de sel.  La nuit est fatigante, passée à retenir les parois de la tente. Ca tombe bien on vient juste de casser une partie du piquet… Mais ça tient. Le lendemain ça souffle toujours. On parcourt vaillamment 40km, vent pleine face, un vent à décorner les bœufs. Et les bœufs c’est pas ce qui manque ici. A croire qu’il y en a autant que de moutons…

Route ouzbeque

Route ouzbeque

Euh..cette route elle est pas sur la carte, on serait pas perdu ???

Euh..cette route elle est pas sur la carte, on serait pas perdu ???

27 Avril, Samarkand.
Nous rencontrons à l’hôtel un couple de français, un hollandais, un japonais, un couple de suisses, largement de quoi assouvir nos envie d’occident de ces derniers jours! Ca fait plaisir de pouvoir échanger en français ou en anglais, et d’avoir des conversations un peu élaborées!
A Samarkand il faut choisir entre les impressionnants monuments et les quartiers populaires. Il y a quelques années, le gouvernement a fait construire un grand mur pour cacher la misère; les habitants ont vu leurs maisons séparées du reste de la ville du jour au lendemain.
FormatFactoryIMG_9501FormatFactoryIMG_9524FormatFactoryIMG_9553

Les copains touristes !

Les copains touristes !

Le pain de Samarkand, le meilleur de tout l'Ouzbekistan

Le pain de Samarkand, le meilleur de tout l’Ouzbekistan

Sur la route pour la vallée de Ferghana, la malédiction s’abat sur le vélo de pierre : pédalier cassé, crevaison, puis cadre tordu. Mais MacGyver  surmonte  chaque épreuve avec brio !

C'est là qu'on fait la première réparation,

C’est là qu’on fait la première réparation,

Bahraddin nous a bien aidé, en échange on fait des maths ensemble (dur dur...)

Bahraddin nous a bien aidé, en échange on fait des maths ensemble (dur dur…)

Merci à sa maman pour la bonne cuisine !

Merci à sa maman pour la bonne cuisine !

Il nous aura fallu 8 mois, mais nous y sommes. Le premier concert !
A Qo’qon, nous enchainons You’re my sunshine puis My grandma au milieu d’un immense marché. Les téléphones portables fusent pour immortaliser ces deux français expansifs.

Bazar

Bazar

Sur le bazar, les fameux kurk, boulettes de fromage très sec et très salé

Sur le bazar, les fameux kurk, boulettes de fromage très sec et très salé

A la frontière kirghize, nous sommes nerveux. Nous ne nous sommes pas enregistrés toutes les trois nuits comme l’exige la loi, pour éviter de payer des nuits d’hôtel. Un officier nous a certifié que c’était inutile si nous campions. Mais la législation ouzbèque n’a pas l’air très claire sur ce point. Nous avons peur de l’amende mais au lieu de cela, le douanier rigole en regardant les photos dans le téléphone.

Au bout de quelques minutes, il s’arrête, lassé. On a de la chance car derrière nous, un homme s’approche. Son téléphone contient de divertissantes vidéos. Le douanier s’assied et enfile ses lunettes pour être plus à son aise. L’homme attend patiemment pendant que l’officier se bidonne.

Fin de l’Iran et traversée du Turkménistan

On redémarre après une semaine passée à Mashhad, c’est étrange de reprendre la route après cette grosse coupure. On a l’impression d’être sorti du voyage.

La route jusqu’à Sarakhs est belle, les prairies sont recouvertes d’une sorte de moquette verte parsemée de coquelicots, c’est très bucolique. On croise peu de villages, des bergers nomades sont installés dans les bergeries pour la belle saison.
Un soir, l’un d’entre eux s’invite dans notre tente, l’occasion rêvée pour lui de fumer sa dose d’opium à l’abri du regard de son grand frère !

FormatFactoryIMG_8578FormatFactoryIMG_8574

Le berger

Le berger

Le lendemain, on fait la pause de midi dans une bergerie abandonnée, il fait chaud et il nous faut de l’ombre : quelle erreur ! On est attaqué par des puces ENORMES : c’est le début du cauchemar pour moi alors que Pierre se contente d’être porteur sain. On met en place on plan vigipuces, inspection des duvets et vêtements au lever et au coucher. Malgré tous ces efforts, on peut compter une centaine de boutons dans mon dos, à multiplier par toutes les parties du corps.

Pour notre dernière soirée en Iran, on est accueilli dans la famille de Ramin et Mohadese. Les deux ados sont surexcités de nous recevoir chez eux. Quelle surprise lorsqu’on découvre sur l’écran de leur ordinateur les photos de voyage de Camille et Virginie, deux amis partis à vélo quelques mois avant nous !!

Caravansérail de Robat e Shahar

Caravansérail de Robat e Shahar

Salut Camille et Virginie !

Salut Camille et Virginie !

Démonstration du montage de la tente

Démonstration du montage de la tente

La chevauchée du Turkmenistan – 12 Avril / 16 Avril

Pas une minute à perdre, on se présente à 8h à la douane. Le président turkmène n’aime pas trop les touristes et nous avons 5 jours pour parcourir un peu plus de 500 km avec deux passages de frontière. L’état de la route et le vent ne sont pas vraiment en notre faveur. Notre visite du pays se résume à deux villes et des kilomètres de désert.

FormatFactoryIMG_8604

Y a vraiment pas grand-chose ici...

Y a vraiment pas grand-chose ici…

Peut-être des chameaux ?

Peut-être des chameaux ?

Sur la route, les voitures sont flambant neuves, la Toyota Taurus a le monopole. Pour le reste, des 4×4 reluisants, des véhicules militaires datant de l’URSS et des camions en transit.
L’un de ces bolides zigzague un peu devant nous avant de s’arrêter. Cinq hommes empestant la vodka en descendent : j’ai droit à un bouquet de coquelicots et Pierre à un porter acrobatique qui se termine en chute sur le bas-côté. On espère qu’ils sont pas tous comme ça sinon ça craint pour nos chances de survie dans ce pays…
Heureusement on réussit à recueillir quelques sourires dorés. Les tenues des femmes sont magnifiques, robes longues et colorées portées près du corps, ornées de broderies à l’encolure, avec un foulard sur la tête.

FormatFactoryIMG_8711

Turkmènes bourrés

FormatFactoryIMG_8617FormatFactoryIMG_8625FormatFactoryIMG_8638FormatFactoryIMG_8727FormatFactoryIMG_8746FormatFactoryIMG_8749

Ville de Mary : une succession de bâtiments blancs et dorés, aux allures importantes. On ne voit pas d’habitations. Des dames balayent la route ou désherbent les terre-pleins, rien ne doit dépasser, il faut que ce soit propre. Même les mécanos de l’entrée de la ville semblent aseptisés. Turkménabat est dans le même style.

Les quelques villages qu’on croisent sont complètement différents des villages iraniens. Les maisons ont des toits pentus et surtout, ne sont plus clôturées par des murs immenses. On est surpris de voir le bazar dans les cours des maisons, de voir le linge des familles sécher dehors, presque gênés de rentrer dans leur intimité.

Le dernier jour, on arrive à la frontière à 14h. Good Job.

Fin de l’Iran et traversée du Turkmenistan

On redémarre après une semaine passée à Mashhad, c’est étrange de reprendre la route après cette grosse coupure. On a l’impression d’être sorti du voyage. La route jusqu’à Sarakhs est belle, les prairies sont recouvertes d’une sorte de moquette verte parsemée de coquelicots, c’est très bucolique. On croise peu de villages, des bergers nomades sont installés dans les bergeries pour la belle saison. Un soir, l’un d’entre eux s’invite dans notre tente, l’occasion rêvée pour lui de fumer sa dose d’opium à l’abri du regard de son grand frère ! FormatFactoryIMG_8578

FormatFactoryIMG_8574

Le berger

Le berger

Le lendemain, on fait la pause de midi dans une bergerie abandonnée, il fait chaud et il nous faut de l’ombre : quelle erreur ! On est attaqué par des puces ENORMES : c’est le début du cauchemar pour moi alors que Pierre se contente d’être porteur sain. On met en place on plan vigipuces, inspection des duvets et vêtements au lever et au coucher. Malgré tous ces efforts, on peut compter une centaine de boutons dans mon dos, à multiplier par toutes les parties du corps. Pour notre dernière soirée en Iran, on est accueilli dans la famille de Ramin et Mohadese. Les deux ados sont surexcités de nous recevoir chez eux. Quelle surprise lorsqu’on découvre sur l’écran de leur ordinateur les photos de voyage de Camille et Virginie, deux amis partis à vélo quelques mois avant nous !!

Salut Camille et Virginie !

Salut Camille et Virginie !

Démonstration du montage de la tente

Démonstration du montage de la tente

La chevauchée du Turkmenistan – 12 Avril / 16 Avril

Pas une minute à perdre, on se présente à 8h à la douane. Le président turkmène n’aime pas trop les touristes et nous avons 5 jours pour parcourir un peu plus de 500 km avec deux passages de frontière. L’état de la route et le vent ne sont pas vraiment en notre faveur. Notre visite du pays se résume à deux villes et des kilomètres de désert.

Bienvenue au Turkménistan

Bienvenue au Turkménistan

Y a vraiment pas grand-chose ici...

Y a vraiment pas grand-chose ici…

Peut-être des chameaux ?

Peut-être des chameaux ?

Les quelques villages qu’on croisent sont complètement différents des villages iraniens. Les maisons ont des toits pentus et surtout, ne sont plus clôturées par des murs immenses. On est surpris de voir le bazar dans les cours des maisons, de voir le linge des familles sécher dehors, presque gênés de rentrer dans leur intimité. Sur la route, les voitures sont flambant neuves, la Toyota Taurus a le monopole. Pour le reste, des 4×4 reluisants, des véhicules militaires datant de l’URSS et des camions en transit. L’un de ces bolides zigzague un peu devant nous avant de s’arrêter. Cinq hommes empestant la vodka en descendent : j’ai droit à un bouquet de coquelicots et Pierre à un porter acrobatique qui se termine en chute sur le bas-côté. On espère qu’ils sont pas tous comme ça sinon ça craint pour nos chances de survie dans ce pays… Heureusement on réussit à recueillir quelques sourires dorés. Les tenues des femmes sont magnifiques, robes longues et colorées portées près du corps, ornées de broderies à l’encolure, avec un foulard sur la tête.

FormatFactoryIMG_8711

Turkmènes bourrés

FormatFactoryIMG_8617FormatFactoryIMG_8625FormatFactoryIMG_8638

FormatFactoryIMG_8749

Ville de Mary : une succession de bâtiments blancs et dorés, aux allures importantes. On ne voit pas d’habitations. Des dames balayent la route ou désherbent les terre-pleins, rien ne doit dépasser, il faut que ce soit propre. Même les mécanos de l’entrée de la ville semblent aseptisés. Turkménabat est dans le même style. Le dernier jour, on arrive à la frontière à 14h. Good Job.

Iran – De Na’in à Mashhad

Vous l’aurez deviné, L’Iran n’est pas le pays de la liberté d’expression ! Voilà les articles que vous auriez pu lire il y a quelques jours. On est désolé, ça manque un peu de photos mais on en a perdu une partie momentanément… La traversée du désert Dasht-e-kavir ne s’annonce pas si austère qu’on se l’imaginait. On traverse peu de villages mais il y a du monde sur les routes, c’est le grand départ des vacances de No-Rouz. La plupart des iraniens retournent dans leur famille pour fêter le passage à la nouvelle année. Dans cette période détendue, notre popularité sur la route augmente. Chaque jour des voitures s’arrêtent, le coffre rempli de thé, fruits et petits gâteaux, pistaches, nougats. C’est pas ici qu’on va perdre du poids ! Pour nos campements, on recherche le relief, c’est curieux comme il est difficile de s’installer au milieu de rien, on a besoin de murs, d’une montagne, d’un arbre pour s’abriter du vent, des regards, se cacher un peu. Mais lors de la traversée du lac de sel de Khour, point de relief. On « plante » la tente sur le pavage blanc, et tant pis pour le vent, on s’en accommodera parce que c’est beau ! Tous les 20 km, des panneaux nous avertissent « Attention Chameau ». Il nous faut attendre quelques jours pour voir les premiers. En petit groupe, ils mangent ce qu’ils trouvent et progressent nonchalamment. On peut s’approcher d’eux, ils ne sont pas très inquiets. On voit aussi quelques carcasses au bord de la route. Pas facile pour un chameau… Dans un virage, une oasis. Quelques parcelles d’avoine, un arbre et des maisons en terre abandonées. On explore les lieux : un bassin retient l’eau amenée du village voisin, il alimente tout un réseau de canaux d’irrigation entre les parcelles cultivées. Valliolah, le propriétaire des lieux nous rejoint et nous fait visiter, puis on l’aide pour l’arrosage. Pour finir, il nous invite chez lui. Il nous présente sa femme Mariam, et leurs trois enfants, tous doux comme des agneaux. Sauf Irfan le petit dernier, très occupé à poursuivre leur animal de compagnie, un oiseau du désert qu’on appelle kapk. Les plumes volent et l’enfant rit ! No-Rouz oblige, c’est le défilé de la famille. Tout le monde se réunit autour d’une belle table garnie de pistaches, fruits, bonbons, gâteaux, thé bien sûr… On discute avec les anglophones, du côté des hommes. Le lendemain, on visite les jardins collectifs autour du village, la cabane aux fleurs construite à flanc de colline par un cousin, on fabrique de nouvelles plaques pour nos vélos, découvre la lyophilisation du lait de chèvre pour sa conservation. Mariam nous impressionne à tisser un magnifique tapis, qu’elle vendra une misère à la ville voisine après deux mois de travail. On apprend quelques mots de français à Issa qui nous a promis d’être expert d’ici un an… Le vert des arbres détonne dans cette étendue désertique. A 15h, on finit par décoller, le ventre bien plein. L’Iran, un pays très safe… Après un mois passé dans ce pays, nous sommes en totale confiance. Tout le monde cherche à nous aider, à nous nourrir, à nous accueillir, nous n’avons croisé aucun esprit malveillant. Mais la police s’inquiète pour nous. Un soir, une voiture de police nous escorte sans vraiment nous aborder : ils roulent à quelques mètres derrière nous, à notre rythme. Lorsqu’on s’éloigne de la route pour camper ils nous suivent et tentent de nous décourager, c’est très dangereux ici, on dormira beaucoup mieux dans une mosquée de bord de route, un peu plus loin. On les congédie et ils lâchent l’affaire. Le lendemain soir, rebelote. On a dégoté un magnifique caravansérail pour passer la nuit mais une puissante lampe torche vient nous déranger en pleine installation : le policier est un peu pénible, on a du mal à s’en débarrasser. Il finit par s’en aller, en nous demandant de se présenter au poste le lendemain Le jour suivant, c’est le croissant rouge qui nous escorte jusqu’au poste de police suivant. Et cette fois, ils vont pas nous lâcher comme ça : tous les policiers de la région se sont mis en tête de se relayer pour nous escorter, pour notre sécurité. Ils sont très gentils, mais les contrôles de passeport à longueur de temps et la voiture de police en permanence dans le rétro, c’est pas notre tasse de thé. A croire qu’ils n’ont vraiment rien à faire. Pierre à bout de nerfs, finit par faire un scandale en plantant son vélo au milieu d’une petite route et exige de parler à un officier anglophone. Après quelques coups de fil, on nous amène une étudiante en langue qui se fait l’interprète des négociations. Encore une fois, ils ne veulent pas nous laisser camper. La discussion dure une bonne heure et notre détermination à ne pas bouger finit par les décourager. Ils semblent avoir enfin compris notre désir de tranquillité, on ne les reverra plus. Ce soir là, deux villageois qui ont assisté à la scène nous invite chez eux. L’alcool et l’opium tournent dans la maison, on est bien loin de la prison dorée ! Arrivée à Mashhad chez Frédéric et Atefeh, couple franco-iranien rencontré devant l’ambassade de France à Teheran. Ca fait plaisir d’avoir des discussions un peu plus élaborées que celles permises par notre maigre connaissance du farsi… On est choyé par toute la famille qui occupe quatre étages de l’immeuble, les petits plats et pâtisseries défilent ! On déguste un délicieux ab-gousht, plat traditionnel à base de mouton, pommes de terre et pois chiches, le tout en buvant du coca « parce que c’est plus traditionnel »… Ça manque un peu de rouge tout ça ! On fait une cure d’internet et d’ordinateur, décidément l’esprit du voyage ne nous a pas encore complètement envoûtés.

FormatFactoryIMG_8491IMG_8491

Teheran – Vacances de vélo

Ambassade de France, de l’Ouzbékistan, de Chine, Consulat du Turkménistan, service des étrangers pour la prolongation de notre visa iranien. Il faut être le premier dans la file d’attente sinon on passe après des organismes qui viennent pour une cinquantaine de visas. On tente de soudoyer nos interlocuteurs en leur offrant des gâteaux, parfois ça marche, on réussit à gagner quelques jours de délai.

C’est l’occasion de prendre des vacances, de faire de grosses siestes et d’accompagner nos hôtes Solmaz et Mustapha dans les soirées iraniennes : l’alcool coule à flot, les voiles laissent place aux décolletés, la musique résonne toute la nuit dans les appartements et on danse jusqu’à épuisement ! On nous demande des démonstrations de danse, heureusement, le ridicule ne tue pas !

Tehran ne nous inspire pas beaucoup, c’est immense et bruyant, on préfère partir quelques jours en bus pour visiter Esfahan et Shiraz. La vie y semble plus douce, et le printemps est en avance. A Esfahan on est hébergé chez Reza qui nous présente sa famille et ses amis. Je passe entre les mains de Sohella pour une séance maquillage : Pierre et moi avons du mal à me reconnaître !

La plupart des femmes ici sont surmarquillées, aux visages souvent refaits. C’est très explicite à Teheran où on voit énormément de gens avec un pansement sur le nez, signe d’une opération récente.

Entre deux séances people, on visite une très belle église arménienne, le palais richement décoré de Chehel-Sotun, on admire les coupoles des mosquées et on se perd dans le bazar où les familles s’empressent de faire les dernières courses pour la fête de No-Rouz, la nouvelle année iranienne.

A Shiraz, on enchaîne la nuit de bus avec la visite de Persepolis, site antique vieux de 2500 ans. Puis on découvre la ville au ralenti, il va falloir qu’on finisse par dormir un peu.

Retour à Tehran pour la fête de chahar shambe souri, le dernier mercredi avant No-Rouz où des feux s’allument un peu partout dans les rues de la ville : pour se laver de ses péchers de l’année, on saute trois fois au-dessus du feu, c’est aussi simple que ça !

Nos visas en poche, on quitte la capitale en voiture, les vélos sur la galerie : Solmaz et Mustapha nous accompagne jusqu’à Na’in, sur la route de leurs vacances. On découvre avec eux le camping à l’iranienne : dans le parc de la ville, on met la tente sur le béton de préférence et on dort bien parce qu’on est en sécurité ici. Tellement bien que le lendemain matin, nos belles plaques d’immatriculation ont disparues…

Iran – De Maku à Teheran

Le 21 Mars, passage de la frontière. Après ces deux mois passés en Turquie, on a oublié ce que c’était qu’une douane. Et puis entre la Turquie et l’Iran, c’est pas n’importe quelle frontière. On se sentait bien en Turquie. La découverte de l’Iran nous semble très excitante mais nous inquiète un peu : va-t-on nous prendre notre ukulele à la frontière ? Comment va-t-on m’accueillir en tant que femme ?

La veille à Dogubayazit, on dépense les dernières turquish liras : une tunique taille 44 pour cacher mes fesses et des kilos de bouffe comme si il n’y en avait pas en Iran. 32km nous séparent de la frontière, il se met à neiger. Après avoir dépassé une file de 5 km de camions de toutes nationalités, on arrive à la grille, dont l’ouverture semble assez aléatoire. On avale une soupe dans la dernière lokanta de Turquie, le moment pour moi de me déguiser en iranienne avec cette magnifique chemise et ce voile qui me fait des œillères. Mais comment font-elles ??

La grille s’ouvre. Deux douaniers s’occupent de nous dans un hall surchauffé pendant que les vélos patientent sous la neige. Il n’y a pas grand monde et ça a l’air efficace. Sauf qu’on nous rappelle à quatre reprises pour des vérifications supplémentaires. La scène se déroule sous le regard des deux grands mollahs iraniens, feu Khomeni, au regard sombre et son successeur Khamenei, plus souriant. Le régime se serait-il assoupli ? Pas vraiment semble-t-il, il s’agit plutôt d’une opération de com.

Les deux compères

Enfin on nous libère. La nuit va tomber mais on se décide à rejoindre Maku, la ville la plus proche, pour ne pas croupir dans un hôtel miteux de la frontière. On jette un dernier regard en arrière pour saluer le mont Ararat, qui sort enfin sa tête des nuages. Ces 15 premiers kilomètres sont une épreuve : on navigue entre les dos d’ânes et les nids de poules, les voitures, les camions.
Arrivée à Maku. Il fait nuit, on entre chez un concessionnaire de voitures pour demander l’hôtel le plus proche. Une brochette de jeunes hommes nous accueillent à bras ouverts. On enchaîne tchaïs, partie de backgammon, photos de groupe, puis à l’étage apéro vodka-cola… c’est pas tout à fait comme on l’avait imaginé ! L’un d’eux nous retrouve dans une heure pour nous emmener au resto.

Sur le chemin de l’hôtel, une voiture s’arrête : Saeid a étudié en France et est ravi d’échanger avec nous. Il nous escorte jusqu’à l’hôtel et nous invite également ce soir, manger les fameux pieds de moutons…. Très peu pour nous, on lui donne rendez-vous pour le petit déjeuner.

Les iraniens sont accueillants, c’est rien de le dire et c’est que le début!

1er contact, apéro vodka-cola !

Au resto ou dans les maisons, on mange par terre

Le lendemain, pneu à plat, le début d'une longue série...

Le lendemain, pneu à plat, le début d’une longue série…

Ici on mange du lavash, sorte de pain-crêpe qui sèche en deux minutes lorsqu’on la déloge de son sac plastique. On dirait du papier bulle, il est vendu par sacs de 1kilo. Autant dire qu’on le mange souvent sec.

Ici on mange du lavash, sorte de pain-crêpe qui sèche en deux minutes lorsqu’on la déloge de son sac plastique. On dirait du papier bulle, il est vendu par sacs de 1kilo. Autant dire qu’on le mange souvent sec.

SUR LA ROUTE

On démarre notre séjour sous le soleil, l’hiver et la Turquie nous semblent déjà loin. Mais les premiers kilomètres sont effrayants. Beaucoup de circulation, des chauffeurs avides de vitesse et qui n’hésitent jamais à doubler : y aura bien de la place pour trois. On s’installe sur le bas-côté, pas toujours très confortable, et on serre les fesses. En Turquie, l’essence était si chère qu’on était souvent seul sur les deux fois deux voies. Ici le carburant ne coûte rien : les heureux propriétaires aiment sillonner les routes du pays.
Comme en Turquie, on nous encourage à coups de klaxons mais avec ce trafic démultiplié, on en prend plein les oreilles, et on n’a pas toujours le courage de répondre.

On peut relever trois principaux types de véhicules :
– la 405 Peugeot. Blanche ou grise, y en a partout. Toutes les autres voitures sont des imitations.
– la camionnette bleue. A un, deux ou trois étages. On peut tout y transporter : brebis, vaches, ânes, chevaux, électroménager, canapés, fruits et légumes, poutres métalliques bien trop longues, bois, sacs de graines…
– les longs camions transporteurs de gros cailloux numérotés. Ça reste un mystère.

Et puis il y a nous, se faisant tout petits pour ne pas se faire écraser, rentrant les épaules et sursautant à chaque coup de klaxon un peu trop appuyé.
Une fois par jour au minimum, une voiture nous arrête sur le bord de la route pour nous prendre en photo, nous offrir une tomate, des bonbons ou du gâteau d’anniversaire. Les hommes s’adressent à Pierre qui essaie courageusement de me faire participer à la conversation, je m’incruste sur les photos alors que je n’y suis pas vraiment invitée…

Aux klaxons, s’ajoutent les appels de phares, les mines déconcertées des conducteurs ou leurs sourires ébahis, leurs signes de la main interrogeant notre présence : « mais qu’est-ce que vous foutez là ?? »

Regroupement de camionnettes bleues

Regroupement de camionnettes bleues

Ersatz de 405 peugeot, lavée dans la rivière

Ersatz de 405 peugeot, lavée dans la rivière

Dessert de bord de route

Dessert de bord de route

Après un rapide pique-nique au bord de la route, une femme s'approche avec deux tasses de thé !

Après un rapide pique-nique au bord de la route, une femme s’approche avec deux tasses de thé !

EN VILLE

Le plan des villes est symétrique. A l’entrée et à la sortie, les mécaniciens et vendeurs de pneus. Puis s’alignent les camionnettes bleues vendeuses de fruits. Au centre des dizaines de commerces identiques que j’appelle « épicerie à bonbons » où on trouve majoritairement des sucreries. Il faut aller de l’une à l’autre pour espérer trouver de quoi faire un repas complet.
Impossible de passer inaperçus. Le moindre arrêt provoque un attroupement d’une dizaine de personnes, des hommes bien sûr, qui s’adressent à Pierre bien sûr. Ils sont curieux et désireux de nous rendre service. C’est à la fois excitant et oppressant. L’anonymat de Paris nous manque un peu parfois.
Il faut compter deux bonnes heures pour faire nos courses : le temps de faire une photo avec le boulanger, d’imiter une abeille pour se voir proposer une tapette à mouche à la place du miel, d’expliquer qu’on veut du riz mais pas un sac de 10 kg, de prendre le thé dans l’arrière boutique de l’épicerie…

Entre Orumiye et Abhar, le paysage est superbe, c’est assez désertique, on traverse des petits villages de maisons en terre et paille, des bergers sortis de nulle part surveillent leurs troupeaux au milieu des champs.

FormatFactoryIMG_6131~1FormatFactoryIMG_6154~1

FormatFactoryIMG_6061~1FormatFactoryIMG_6108

Costumes kurdes

Costumes kurdes

Sur notre route, près de la ville de Tekab, un vestige de la religion zoroastre, antérieure à la religion musulmane. Des temples entourent un lac d’altitude d’un bleu profond, l’eau est chaude. A 1km, on monte en haut d’un dôme qui s’avère être en fait un immense cratère de 80 m de profondeur, impressionnant.
On est accueilli dans un petit village des environs par la famille d’Abdullah. Sa nièce Nashmil sauve notre soirée en apportant un dictionnaire anglais-farsi : notre liste de vocabulaire double. Comme souvent, on tente d’établir un arbre généalogique de la famille et nous ne rêvons pas, Abdullah a bien deux femmes ! Qui vivent avec lui sous le même toit ! L’une d’elles tisse un tapis à la main, le geste est rapide et précis, c’est impressionnant.

Chez Abdullah, l'homme aux deux femmes

Chez Abdullah, l’homme aux deux femmes

Femme N°1, au tissage

Femme N°1, au tissage

La veille de notre arrivée à Téhéran, un doute nous arrête sur le bord de la route : sont-ce des chameaux de l’autre côté du bitume ?? On s’approche avec nos vélos d’un gros bonhomme assis près d’un enclos en brique. On échange quelques mots avec le bougre et on comprend qu’il transhume une centaine de chameaux entre Téhéran et Qazvir ! Il nous laisse nous approcher des bêtes. Le spectacle est magique, le déplacement lent du troupeau éparpillé semble émaner d’un rêve. A la tombée de la nuit, on s’associe aux bergers pour rapatrier les animaux. On est invité à rejoindre le campement et à partager le repas des chameliers, éclairés toute la soirée par les pleins phares d’une voiture. Plus de batterie, poussez messieurs !

Au  petit matin

Au petit matin

Allez chauffe Marcel !

Allez chauffe Marcel !

A TEHERAN

L’arrivée dans cette ville tentaculaire est épique. Alors que les voies de circulation se multiplient, le code de la route devient inexistant : marche arrière, contre-sens, réparation de sa roue crevée en double-file, queue de poisson, arrêt impromptu, tout est permis ici ! Le bruit et le mouvement nous font un trou dans la tête mais on arrive sains et saufs à notre hôtel.

PAUSE, avant de se lancer dans l’infernale chasse aux visas.

Un grand merci à Solmaz et Mustapha, nos hôtes warmshower pour quelques jours, nos nouveaux parents !

FormatFactoryIMG_6535

D’Ankara à Erzurum

Deux jours après Ankara, cette petite grotte en bord de route nous appelle : camping obligatoire. Un 24 janvier en Turquie, il ne fait pas chaud, mais le soleil veille. De petits villages sont perdus au milieu du plateau désertique, quelques bergers s’occupent à garder leurs brebis et chèvres angora, à pied ou à dos d’âne. Parfois, un ou deux kangals se ruent sur nous. Mais souvent le coeur n’y est pas. Pas besoin d’avoir peur. Surtout ne pas l’exciter, le kangal adore faire la course. Il suffit de ralentir et de lui parler gentiment, de lui dire qu’on veut pas d’emmerdes.

Arrivés un peu vite en haut d’une côte, l’âne prend peur et détale. Le berger tombe à terre. « Vous auriez du klaxonner ! « , nous fait-il comprendre, se relevant rouge et étourdi… en ramassant le pistolet tombé de sa ceinture !

Coin douillet dans la grotte

Coin douillet dans la grotte

Le Kangal et son collier anti-loup...

Le Kangal et son collier anti-loup…

FormatFactoryIMG_3886

Brebis à l’oeil noir, la race locale

Le lendemain, la route jusqu’à Gulsehir est splendide. Le long d’une rivière, nos premières maisons troglodytes, au milieu des villages. Ici une grange, là un poulailler. C’est le début de la Cappadoce !
A la tombée du jour, nous arrivons sur le site d’Açik Saray. Le gardien s’apprêtait à partir mais… nous laisse finalement entrer avec nos vélos. Retour en enfance pour explorer les dizaines d’habitations creusées dans les rochers : une grande église troglodyte sera notre toit cette nuit ! En ce petit matin d’hiver, le site est aussi désert que la veille, la visite continue.

Notre maison

Notre maison

Le studio du JT

Les studios du JT n°100

Quelques kilomètres plus loin, la vallée de Cat abrite des dizaines de pigeonniers troglodytes, abandonnés depuis une quinzaine d’années. On y récupérait la fiente des oiseaux pour en faire de l’engrais. Pas un touriste en vue, ni même un pigeon.
Trois petits garçons rencontrés sur la place du village nous rattrapent en courant, leurs paquets de chips à la main. Quand le premier abandonne le sachet vide au bord du chemin, Pierre se fâche et essaie de le lui faire ramasser : rien à faire, c’est l’incompréhension totale, des deux côtés.

Les guides

Les guides

Pigeonnier

Pigeonnier

Les premières cheminées de fées

Les fameuses cheminées de fées

Au milieu de la vallée, des locaux fêtent le retour au pays d'un homme politique. Alors qu'on vient de finir notre pique-nique, on nous offre un délicieux kebap tout frais qu'on ne peux pas refuser

Au milieu de la vallée, des locaux fêtent le retour au pays d’un homme politique. Alors qu’on vient de finir notre pique-nique, on nous offre un délicieux kebap tout frais qu’on ne peux pas refuser

Nous nous installons au café du village après une bonne journée de marche, dans l’espoir qu’un curieux s’intéresse à nous et peut-être nous invite chez lui, mais ce soir ça ne prend pas. Au moment de payer les nombreux çaï consommés, le serveur nous indique la table de deux hommes, ils ont tout réglé ! Touran parle quelques mots d’anglais et nous propose de le suivre chez lui. Il vit avec sa maman de 85 ans et se fait servir comme un prince. La pauvre dame s’essouffle à aller chercher les cigarettes, puis le briquet, puis le thé… Plus que deux mois et Touran se remariera. « Il n’y aura plus de problème » nous dit-il ; sous-entendu, sa mère pourra se reposer et sa nouvelle femme s’occuper de la maison.

Touran et sa maman

Touran et sa maman

Cette région est un véritable gruyère. Hommes-souris, où etes vous ?
La vallée d’Ilhara était le refuge de communautés religieuses au 10eme siècle. Les parois du canyon abritent plusieurs églises richement décorées.
Quelques kilomètres plus loin, à Derinkuyu, c’est une ville souterraine tout entière qu’on a construite. Véritable labyrinthe, on pouvait ici tenir un siège en cas d’invasion. Huit étages sous terre avec tout le necessaire pour vivre : étables, églises, écoles, logements, hamams…

Vallée d'Ilhara

Vallée d’Ilhara

A l'heure du coucher de soleil

A l’heure du coucher de soleil

Camping troglodyte

Camping troglodyte

Concert de Ukulele dans un hangar de patates troglodyte

Concert de Ukulele dans un hangar de patates troglodyte

Urgup, Göreme et Uschisar : tourisme en Cappadoce. Les publicités pour les hôtels se multiplient sur le bord de la route, les bus de touristes aussi, on y est presque. Première escale dans la Vallée rouge. Le parking, désert à notre arrivée, est soudain submergé par une dizaine de 4×4 vrombissant. Tels des gladiateurs descendant dans l’arène, des coréens prennent trois photos au milieu d’un nuage de poussière, boivent un thé et repartent. « Ils font un safari », nous a informé le guide. Retour au calme, la vallée est à nous !

Touristes coréens en grande pompe

Touristes coréens en grande pompe

Plus un bruit, les cheminées de fées et nous

Plus un bruit, les cheminées de fées et nous

Le python d'Uschisar

Le python d’Uschisar

Culture de la vigne en milieu phalique

Culture de la vigne en milieu phallique

Au retour de la balade, un petit mot sur nos vélos : Binh et Alessio, des collègues de voyage sont passés par là et nous rejoignent pour le pique-nique. Ils roulent vers le Vietnam pour s’y installer. On se retrouve le lendemain pour camper ensemble et se raconter nos aventures. Thibault, un autre cycliste français se joint à nous. Au menu ce soir, la délicieuse soupe au yaourt d’Alessio. Toujours partager ses repas avec un chef cuisto ! Binh et Alessio (enfin surtout Alessio, non ?) transportent dans leurs sacoches une planche à découper, une râpe à carotte, une machine à faire des spaetzle… La soupe en sachet c’est pas pour eux. Nous leurs dédions nos prochains repas en adoptant la salade de chou rouge et la sauce au yaourt dans tous les plats.

FormatFactoryIMG_4689FormatFactoryIMG_4699Jusqu’à Kayseri, nous roulons ensemble. Ils ont prévu de prendre le bus pour rejoindre la Mer Noire. Un vent maudit s’est levé, la progression au milieu du désertique plateau anatolien est pénible. 8km/h sur le plat, faut pas déconner.
Le lendemain, justice enfin, un vent béni nous pousse toute la journée. A la pause de midi, on a déjà avalé 70 km. Le record est pour aujourd’hui, sans aucun doute. Le vent a apporté avec lui quelques nuages, et la neige se remet à tomber. Un tunnel sous la voie ferrée fera l’affaire pour nous abriter cette nuit. Le temps de monter la tente, la flaque à l’autre bout du tunnel s’est transformée en un petit filet d’eau qui se dirige lentement mais sûrement vers notre campement. Frénétiquement, nous construisons un barrage à base de bâche en plastique et de ballast…

Campement insolite 1

Campement insolite 1 – Un peu trop de voisins, mais discrets

Campement insolite 2

Campement insolite 2 – Un peu bas de plafond

Après Sivas, nous nous décidons à quitter notre nationale confortable mais monotone pour une petite route de 300 kilomètres qui relie Zara a Erzindjan, en passant par Divriği. Pleine de promesses, elle se faufile entre les montagnes enneigées. Sur la route, quelques minuscules villages sont indiqués sur la carte.

Nous avons campé près de Zara, au pied d’un bosquet d’arbres surplombant un ruisseau. Au petit matin, la condensation à l’intérieur de la tente est givrée. Nos gourdes également, ce qui occasionne une cueillette de neige pour le thé. En suivant, l’ascension du col de Karabel Geçidi, à 1850 mètres d’altitude, est douloureuse. Le beau soleil a fait place à un brouillard glacé qui se dépose sur nos vêtements et gèle instantanément. Dans la descente, nous nous arrêtons incessamment pour faire des moulinets de bras. Le sang revenu, nous reprenons la route pendant deux cent mètres pour nous arrêter encore. Dans un petit village, alors que nous déjeunons pres d’une caserne minable de la jandarma, le soldat de service, interrompt un instant sa garde solennelle pour se réchauffer. Suivi de son berger allemand, habitué à l’exercice, il s’élance à la poursuite des oies de la caserne.

Quelques kilomètres plus loin, un pick up de la même jandarma s’arrête à notre hauteur. Les soldats en descendent derrière leur capitaine, lequel nous questionne, incrédule, sur notre destination du soir. Pendant l’interrogatoire, plus que la discussion, la nuit tombe et nous sommes invités à rester dormir à la caserne. Nous déclinons l’offre avec déférence, mais la troupe, au spectacle, ne bouge plus. Les jeunes gens semblent sonnés par l’évènement que constitue notre passage dans leur quotidien plutôt morne. Nous engageons la fin du numéro en lançant de sonores gule gule (au-revoir).

Quelques minutes plus tard, dans un champs ou nous comptions nous installer, une voiture nous interrompt à grands coups de klaxons. Deux hommes s’avancent vers nous, complètement déconcertés par la situation. On leur explique qu’on va camper là.  Voyant qu’on ne comprend pas grand-chose au turc, ils parlent de plus en plus fort, mais ça n’arrange rien. Camper en Turquie est un sport, bien avant de planter la tente. Avant de reprendre la route, ils nous tendent un paquet en criant « Bira ! » : de la bière pour l’apéro de ce soir !!

Nous venons de refuser deux invitations, l’heure est grave ! Maintenir son corps au chaud est le travail de la soirée. Couper du bois, allumer le feu, ingurgiter des litres de thés nous aident à supporter le froid. Plus les degrés chutent, plus nos recettes sont élaborées. Ce soir et les suivants: « Fricassées de poulet sauce curry et son assortiment de cacahuètes ». La nuit, la température tombe à 10°C sous zéro. Le haut de combinaison de plongée et une pierre chaude en guise de bouillotte s’ajoutent à l’arsenal du marchand de sable.
Et si, par bonheur, il pleut ou neige pendant la nuit, la tente plantée sur la crête devient un havre de confort au milieu de nulle part.

La nationale

La nationale

Pas si moche

Pas si moche

Poulet curry

Poulet curry

Pour le thé du matin

Pour le thé du matin

Ca va, on a compris que ça montait !

Ca va, on a compris que ça montait !

Ici c'est moins clair

Ici c’est moins clair

Photo du soir, espoir

Photo du soir, espoir

Mais le matin, chagrin...

Mais le matin, chagrin…

D’Erzindjan à Erzurum, la route monte doucement, au milieu de la plaine enneigée. En trois jours, l’altitude grimpe de 1200 à 1900 m, durablement. Mais le soleil est là. « Vous avez de la chance, cette année il ne fait pas si froid. A peine – 10° la nuit alors que ça peut atteindre les – 30 ou – 40°… »

Quatre jours de vélo et deux jours d’attente de visas nous séparent de l’Iran. Changer de pays après ces deux mois passés en Turquie, c’est un peu quitter notre pays d’adoption, nos papas et mamans d’un jour. Ah le petit thé turc ! Et les pides ! Et les klaxons bienveillants !
On était quand même bien ici ! Et puis il va falloir se mettre au farsi, porter le voile, une alliance pour avoir l’air mariés…

D’Istanbul à Ankara

FormatFactoryIMG_3173

6 000 !

L’hiver tant redouté est bien là. Ca se traduit pour l’instant par des températures autour de 0°C, de la pluie froide et beaucoup de neige. Impossible de dormir sous la tente dans ces conditions. Heureusement, les Turcs ont un sens de l’accueil démesuré.

FormatFactoryIMG_3158Notre sortie d’Istanbul se fait en douceur. Il fait beau enfin !
Nous passons une bonne partie de la journée à faire réparer nos vélos pendant que défilent les chaï et les cafés. On a à peine roulé 10 km que Kerem nous aborde dans la rue. A vélo lui aussi, il nous prend en pitié et nous accueille dans son appartement pour la nuit. Nous découvrons la vie des étudiants en médecine en Turquie, ça a l’air bien pire que chez nous. Pour obtenir son examen de fin d’étude, Kerem s’impose le rythme suivant : 20h de boulot – 10h de sommeil. Une bonne partie des 20h semble consacrée à rédiger de jolis post-it colorés, il y en a sur les murs de toutes les pièces !

FormatFactoryIMG_3170Nous roulons vers le Nord pour éviter l’énorme zone industrielle Istanbul – Izmir. Ce soir, la pluie s’est transformée en neige. Nous entrons dans le café d’un petit village. On nous offre le thé, on nous paye nos courses. Impossible de refuser, nous sommes les invités. Google traduction nous aide à communiquer et bientôt Turan nous invite à dormir chez lui. Nous rencontrons sa femme et ses enfants, puis les voisins qui débarquent après le repas. Au petit déjeuner, pincez-moi je rêve, Günesh a préparé des frites… le début d’une longue série !

FormatFactoryIMG_3230Les familles turques sont incroyables. Les hommes nous ouvrent les portes de leur maison et les femmes s’exécutent. Branle-bas de combat, on ne plaisante pas avec l’hôte. Chaï, nourriture à profusion, on nous fait chauffer l’eau pour la douche, on charge le poêle à bloc, on nous cède une chambre, on nous prête des pyjamas… on nous donne du temps. Après le repas, la maison se remplit de frères, sœurs, cousins, voisins. Nous dessinons plusieurs fois des arbres généalogiques pour essayer de comprendre. Parfois les branches se croisent un peu, mais bon…
Les femmes me regardent avec amour et curiosité. Elles posent des questions sur mes cheveux et me trouvent « çok güzel », elles me serrent fort dans leurs bras au moment du départ. Je n’imagine pas ce que je peux représenter pour elles avec ma liberté de femme occidentale.

FormatFactoryIMG_3479

Chez Necate,

qui a 15 frères et soeurs…

Agva, station balnéaire sur la mer noire. Il pleut, il vente, on nous avait prévenu.
Nous sillonnons les rues et surprise, deux gros vélos sont garés devant un café. Brice et Quentin sont en train de négocier le prix d’une chambre d’hôtel. On n’est donc pas les seuls couillons à faire du vélo en Turquie pendant l’hiver ! On se rend ensemble à la mosquée pour tenter de demander l’hospitalité. A la télé du café attenant, les images de l’attentat parisien font la une. La télé turque aime le détail, toutes les images sont bonnes à montrer et comme ils n’en ont pas beaucoup, la vidéo tourne en boucle. On comprend pas tout mais on est très choqué. C’est étrange de vivre ces évènements depuis un autre pays, on n’arrive pas à imaginer l’ambiance en France. A la fois envie d’y être et contents de pas y être. Heureusement l’imam n’est pas rancunier et contacte une de ses amies. Pour nous ce soir, c’est hôtel de luxe aux frais de la princesse.

FormatFactoryIMG_3284

FormatFactoryIMG_3299

3 jours passés en comagnie de Brice et Quentin

3 jours passés en compagnie de Brice et Quentin

FormatFactoryIMG_3378FormatFactoryIMG_3381

Deux jours de beau temps sur une petite route de campagne, le paysage enneigé et les couleurs sont superbes. Evidemment c’était trop beau pour durer. Entre Duzce et Mudurnu, la neige recommence à tomber, le froid à nous piquer les joues, à glacer nos mains et nos pieds. Nous nous réchauffons toutes les deux heures à coups de chaï.

FormatFactoryIMG_3517FormatFactoryIMG_3474FormatFactoryIMG_3273

Apprentissage des règles de tavla ou backgammon, pour avoir l’air totalement turc

Apprentissage des règles de tavla ou backgammon, pour avoir l’air totalement turc

Chez Ismael, concert de ukulele devant tout le quartier

Chez Ismael, concert de ukulele devant tout le quartier

A Mudurnu, bains publics rien que pour nous

A Mudurnu, bains publics rien que pour nous

Meute de chiens turcs

Meute de chiens turcs

Même sans pneus neige, ça se fait bien !

Même sans pneus neige, ça se fait bien !

Le coiffeur turc, fallait pas rater ça. Moi j’ai pas pu parce qu’il y a que des coiffeurs pour hommes ici.

D’abord aux ciseaux

D’abord aux ciseaux

Tondeuse N°2

Tondeuse N°2

On te brûle les poils des oreilles

On te brûle les poils des oreilles

Puis on te les rase

Puis on te les rase

Il manque encore un peu de mousse

Il manque encore un peu de mousse

Rasage

Rasage

Il a échappé à ça (et oui mesdames, c’est bien de la cire)

Il a échappé à ça (et oui mesdames, c’est bien de la cire)

Mais pas à ça

Mais pas à ça

Eau de cologne et massage pour finir

Eau de cologne et massage pour fini

Total des opérations, il t’ont rasé la tête et t’as une moustache turque.
Heureusement qu’ils m’ont servi du thé pendant tout ce temps !

Ankara, pause.
Merci à Matthieu et Ece de nous avoir accueillis pendant ces trois jours, on s’est bien reposés et bien régalés.

FormatFactoryIMG_3785

Turquie : un jour, un tchaï – De Bodrum à Istanbul

La légende disait vrai : "guel, tchaï"

La légende disait vrai : « guel, tchaï »

Domino non capito

Domino non capito

Quelques kilomètres après Bodrum, nous nous arrêtons dans une carrière de marbre pour demander de l’eau. Kazim, le contremaitre, comprend que nous allons camper dans la colline au-dessus. Il téléphone sans sourciller à la propriétaire de la carrière, qui parle anglais. Elle nous explique qu’il y a des sangliers aux alentours : les ouvriers nous logerons.

Kazim, Mustafa, Ramazan, Serhat, Halil sont les cinq ouvriers qui exploitent cette carrière. Ils vivent ici, dans ces baraquements. Serhat, le plus jeune, habite à l’autre bout de la Turquie. Il ne rentre chez lui que rarement. Quinze minutes après notre arrivée, les ouvriers ont arrêté de travailler. Pendant que l’un d’eux vide une des pièces pour la transformer en chambre, un autre prépare à manger. Aucun de nos hôtes ne parle anglais. De notre côté, les 10 mots de turc que nous apprenons chaque jour ne couvrent que les besoins primaires. Mais nos hôtes les satisfont sans même que nous ayons à le leur demander.

FormatFactorycarriereQuant à Kazim, nous n’avons pas la force de l’arrêter quand il bombarde nos dérailleurs de decap’four pour nous aider à nettoyer nos vélos…

FormatFactorydecap'four

Dans les jours qui suivent, nous retrouvons la tente. On en profite tant qu’il fait pas trop froid.
Notre réchaud nous a fait faux-bond, donc on cuisine au feu de bois. Et après un bon petit repas, c’est inhalation d’eucalyptus dans la tente !

FormatFactoryrechaud kaputFormatFactorykeskifait

En Turquie, plus besoin de mettre le réveil le matin. La première prière a lieu au lever du jour, entre 5 et 6 heures du matin et le muezzin ne manque jamais de nous le faire savoir. On visite de magnifiques mosquées, lieux de vie et de prière où il fait bon s’arrêter quelques instants, et déambuler sur les tapis moelleux.

Vivre sa religion avec son temps, en conciliant tradition et technologie, est un défi. Moments de vie d’un musulman. FormatFactoryVie mosquee 3FormatFactoryVie mosquee 1

Vivre sa religion avec son temps, en conciliant tradition et technologie, est un defi. Moments de vie d’un musulman.

Les routes turques ont mal accueilli nos fessiers. Après avoir zigzagué entre les nids de poule sur la route de la carrière, les cailloux concassés font vibrer nos montures.

En route vers le lac Bafa et la cité antique d'Heraklia

En route vers le lac Bafa et la cité antique d’Heraklia

Des citernes sont construites en bord de route. Elles consistent en une coupole blanche, percée d’une porte. Invariablement, un escalier descend vers un bassin de cinq mètres par cinq. Et dire que de l’extérieur, nous avons cru revoir ces satanés bunkers albanais !

FormatFactoryciterne-bunker

Heraklia est un livre à elle seule. Au milieu de ces milliers de rochers en forme de boule, la cité fut bâtie sur les rives du lac Bafa. Sa nécropole grecque rassemble 2500 tombeaux creusés à même les rochers épars dans la colline. Chaque pas est l’occasion de découvrir un nouveau couvercle de tombeau, dont les plus grands font quatre mètres de longueur, soit une tonne.

Plus tard, beaucoup d’ermites chassés du Sinaï firent de ces collines leur retraite. Ils y creusèrent des centaines de rochers en voute, ou s’installèrent sur des pitons rocheux pointus comme des colonnes (en grec stylos). On les appellera les Stylites.

En se promenant au milieu des champs d’oliviers, nous sauvons une tortue : la pauvre était sur le dos. Après les deux chiens et le chat, notre répertoire de secours animaliers s’allonge.

Aujourd’hui l’on visite les ruines au milieu du village. Les scènes sont cocasses : les vaches paissent au milieu des ruines, l’école s’appuie sur le temple d’Athéna, les bergers reconstruisent les remparts pour en faire des enclos a chèvre. C’est simple, le guichet de visite est à l’entrée du village.

Lac Bafa

Lac Bafa

Nous poursuivons notre tournée des sites antiques avec Millet, ville d’origine du célèbre Thalès. On ne pouvait pas y couper.

FormatFactoryun discours, un discours !

Visite du site antique de Millet. Seule contre 15.00. Un discours, un discours !

Le guide vert michelin 2011, une évidence

Le guide vert michelin 2011, une évidence

Arrivés à Prienne, le guichet est fermé mais le site ouvert. Nous visitons, seuls, les antiques pierres à la tombée du jour et contemplons le coucher de soleil à travers les colonnes du temple d’Athéna.
Revenus à l’entrée du site, toujours personne. Nous faisons les réparations d’usage des vélos dans les toilettes. Toujours personne, nous nous douchons. Après un petit kebab dans la seule lokanta ouverte de la ville, nous revenons vers le site. Toujours personne, nous décidons de planter la tente sous la guérite des tickets.

FormatFactoryle Guide 3

FormatFactoryYogapriene

FormatFactoryc'est une vraie photo

Voir Ephèse et mourir. Ses grandes avenues, ses bâtiments publics, son théâtre de 25.000 places, sa bibliothèque et ses maisons patriciennes font l’objet de superbes restaurations.

Dans un coin de rue, des latrines publiques. Dans une salle carrée, une banquette de marbre flanque les murs. Elle est percée de dizaines de trous. Au milieu, un bassin. Les turcs n’ont rien inventé…

Lu sur un graffiti d’époque : « Et paf, dans t’Ephese ». Quels blagueurs ces romains.

FormatFactorypaf dans tephese
En terre musulmane point de Noël. Nous passons le 24 au soir dans le bus entre Izmir et Bursa, avec une boîte de loukoums en guise de chocolats.
Le 25, on déguste un délicieux Iskender Kebap, cuit au charbon et recouvert de beurre bouillant. Et le soir, petit concert de saz, flûte et synthétiseur. Pour une fois il y a quelques femmes dans le café.

Repas de Noël. Délicieux mais ça manque de foie gras...

Repas de Noël. Délicieux mais ça manque de foie gras…

Tournée de chaï pour tout le monde

Tournée de chaï pour tout le monde

Grèce

24 Novembre, arrivée en Grèce. Il nous reste un mois pour parcourir les 700 km qui nous séparent d’Istanbul. Puisqu’on est en avance, on commence par s’installer une petite semaine chez Bernadette et Antoine à Thessalonique. On se repose, on se régale et on peaufine nos connaissances sur la Grèce Antique. On prend goût aux « N’oublie pas ton bonnet » et « Tu reprendras bien un peu de gâteau ? ».
On attend aussi la réparation du vélo de Pierre dont la fourche ne lui permet plus de tourner de plus de 15°.

Le premier janvier est encore trop loin, alors on décide d’entamer une traversée culturelle de la Grèce, de Thessalonique à Athènes.
Premier arrêt au Mont Olympe, dans le brouillard le plus total. Faute de gravir le sommet mythique, on s’occupe de secourir une chienne boiteuse et sa famille.

Chez Bernadette et Antoine

Chez Bernadette et Antoine

Musée de Thessalonique

Musée de Thessalonique

En Grèce, c'est pas comme en Albanie, quand le monsieur dit "on ne passe pas", y a pas moyen de négocier...

En Grèce, c’est pas comme en Albanie, quand le monsieur dit « on ne passe pas », y a pas moyen de négocier…

Ce qui nous vaut un bon détour par les montagnes

Ce qui nous vaut un bon détour par les montagnes

Mont Olympe

Mont Olympe, avant la pluie

Puis les Météores, dans le centre de la Grèce. Les monastères perchés sur des pythons rocheux jouent à cache-cache avec les nuages. Mystérieux spectacle.
Nous en visitons trois. La formule est un peu commerciale, les bonnes sœurs ont des allures de VRP, mais ça vaut le détour.

FormatFactoryMeteores

Jupe obligatoire pour la visite des monastères

Jupe obligatoire pour la visite des monastères

5 000 !

5 000 !

Petit café au réchaud au bord de la nationale avec deux cyclistes français

Petit café au réchaud au bord de la nationale avec deux cyclistes français

La grisaille est toujours là, la Grèce n’est pas le petit paradis ensoleillé de la carte postale. Mais on garde le moral et on continue la route. A Delphes, la Pythie ne peut rien pour nous.

Temple d'Appollon

Temple d’Appollon

La guerre est déclarée... contre les centaines de chiens grecs croisés sur les routes. Celui-là a osé marqué sur notre tente son territoire.

La guerre est déclarée… contre les centaines de chiens grecs croisés sur les routes. Celui-là a osé marqué son territoire sur notre tente.

Un matin, en quittant notre coquet lieu de villégiature (une centrale hydro-électrique abandonnée), un couinement alarmé nous stoppe. Enfin stoppe Pierre. Certainement un oiseau, je n’y prête pas vraiment attention. Mais quand on a passé son enfance devant « Trente millions d’amis », l’ouïe ne trompe pas : c’est bien un petit chien qui est coincé là au milieu des broussailles. Le pauvre n’a qu’une semaine et est encore aveugle. A ma Grande Joie, il le recueille et lui fait un petit nid dans sa sacoche avant. On tente une insertion avec des copains chiens mais c’est un échec ; il n’y a pas vraiment de solidarité chez ces bêtes-là. Après plusieurs demandes et plusieurs ouzos, c’est finalement Zamir, un incroyable albanais qui recueille le chiot ! Nous sommes aussi de la partie bien sûr. Et le couple est sauvé.

FormatFactoryUn nouveau compagnon de route

Partie de backgammon

Partie de backgammon

Athènes, sous le soleil !
On découvre l’Acropole, ainsi que les musées archéologiques de la ville. On vient de toucher du doigt l’étendue de notre ignorance.
Rencontre aussi de Rosemary, américaine écrivain et journaliste, avec qui on passe une soirée dionysiaque. Elle nous fait miroiter un article dans le New York Times, pour qui elle travaille régulièrement.

Parthénon

Parthénon

Spiros, notre hote athenien

Spiros, notre hote athenien

Enfin Kos, dernière étape avant le Continent Asiatique ! Vous l’aurez compris, on est grave en retard pour notre rendez-vous à Istanbul…

FormatFactoryIle de kos

Ce soir la Turquie !

Albanie et Macédoine

carteNos premiers centimètres en Albanie donnent le ton. L’impression d’être en rase campagne, et pourtant chaque mètre carré le long de la route est clôturé. Ici un lavazh (station de lavage de voiture), puis une maison en construction, dans un champ une vache ou deux, un des 700.000 bunkers albanais, puis une station service flambant neuve. Et ça recommence. Parfois, tout en même temps, les albanais ont le sens de l’accumulation.

Sur et à coté de la route, toutes sortes de véhicules. Carriole à cheval, Mercedes années 90 (mais flambant neuve), et une quantité appréciable de « véhicules hybrides », entre le vélo, la chèvre, la moto, le motoculteur et le tracteur…

Pas de transports en commun officiels ici. On a bien longé une voie ferrée durant toute notre traversée de l’Albanie mais on n’a jamais vu un train. Pas de bus non plus. En revanche tout un tas de petits fourgons privés qui s’arrêtent à la demande, s’il leur reste un peu de place ! Ce sont les pires.

Le fleuron de l’architecture albanaise: le béton. Du sol au plafond, du plafond au toit, du toit au chauffe-eau, c’est le rêve du maçon, le paradigme de la silice. Souvent le rez-de-chaussée est terminé et fermement habité tandis que la construction de l’étage est en stand by, ou sert de maison-démo.. On attend que l’argent rentre dans les caisses, que la famille s’agrandisse, que des cyclistes se pointent.

Les 700 000 bunkers, construits sous la dictature d’Enver Hoxha, paranoïaque de l’invasion, sont maintenant remplis de stères de bois, eux-memes remplis de termites. L’ennemi vient parfois de l’intérieur.

Au rez-de-chaussée, on y fait sécher de la sauge. A l'étage on y joue du yukulele !

Au rez-de-chaussée, on y fait sécher de la sauge. A l’étage on y joue du yukulele !

Et là on entrepose une voiture.

Et là on entrepose une voiture.

Vente de tabac en gros à Skopje

Vente de tabac en gros à Skopje

Ca négocie dur !

Va expliquer a un albanais qui joue aux dominos pourquoi tu vas en Mongolie en vélo…

Ici, il y a de la place pour tout le monde

Ici, il y a de la place pour tout le monde

Autoroute albanaise

Autoroute albanaise, cherchez l’intrus

Bunker

Bunker-grange

Lavazh, l'eau coule à flot pour attirer le client

Lavazh, l’eau coule à flot pour attirer le client

Usine abandonnée

Usine abandonnée

Premiers appels à la prières

Nos premiers appels à la prière

Et 4 000 !

Et 4 000 ! (on arrive même plus a s’arrêter a temps pour la photo)

Et puis il y a les incroyables albanais ! Les « doberden », coups de klaxons et autres grands gestes nous encouragent en permanence. Egalement le coup sur la glotte: viens boire un coup.
Les hommes sont dans la rue, au café, ils jouent aux dominos, fument des cigarettes. « De toute façon y a pas de travail en Albanie ! » Et les femmes sont à la maison. La différence des sexes commence à se faire sentir.
L’hospitalité et l’accueil, les albanais maitrisent. Lorsqu’on demande à planter la tente sur un bout de terrain, on nous loge dans l’étage inhabité, on met les petits plats dans les grands, ou l’inverse. On nous sert le raki (la gnole quoi…) au petit dej (sisi) et surtout qu’on reste assis, on est les invités !

Iona et sa famille

Iona et sa famille

Applique-toi, on te surveille !

Applique-toi, on te surveille !

Repas du soir

Repas du soir

Altino et sa famille

Altino et sa famille

Palais d'un soir

Palais d’un soir, rien que pour nous !

Petit bémol quand-même, l’Albanie est très sale. Les déchets se répandent sur les bords des routes, le long des rivières, c’est difficilement supportable… Pierre avoue publiquement être obnubilé par ce point, un projet est en train de naître sur le papier : développer des centres de tri en Albanie (et certainement dans tous les pays qui suivront !). Avis aux professionnels.

On est content d’arriver en Macédoine pour souffler un peu.
Finalement c’est sale ici aussi. Quelques kilomètres après la frontière, on tombe sur une immense décharge à ciel ouvert, ou plutôt une montagne de poubelles de plusieurs mètres de haut. En rattrapant l’âne qui s’échappe, on rencontre là-haut une famille de travailleurs. Toutes les générations sont occupées à trier les déchets recyclables dans le sillon du tractopelle. Les 4 enfants de 4 ans sont assis, à se maquiller, au milieu des ordures. Dur.

Sans commentaire

Sans commentaire

Heureusement, la Macédoine ne se résume pas à ça.

Ici on écrit en cyrillique, ça nous fait un bon entraînement dans notre apprentissage du russe.

Allez, c’est parti en cyrillique…

C’est cette soirée chez cette famille d’ouvriers occupés à retaper la maison natale, arrosée au raki et au vin nouveau (pourtant on venait juste leur demander de l’eau…).

Soirée chez cette famille d’ouvriers occupés à retaper la maison natale, arrosée au raki et au vin nouveau (pourtant on venait juste leur demander de l’eau…).

Le raki est un peu dur à digérer pour certains, et on est bien content de se reposer une journée entière chez Goce, à Bitola. Tandis que Pierre carbure au doliprane, devinez ce que Goce lui propose pour le remettre sur pied ? Du raki bien sûr !

Raki du matin !

Raki du matin ! (chagrin)

Enregistrement de la symphonie des klaxons

Enregistrement de la symphonie des klaxons

FormatFactoryMacédoineMonastère de Slepce.
Ici les sœurs vivent des productions de leur ferme : des dizaines de ruches, 70 bœufs vendus pour leur viande, des moutons, des cochons, des arbres fruitiers pour faire des confitures, des pommiers pour faire du cidre. Il faut aussi faire les foins pour nourrir tout ce petit monde. On se demande s’il leur reste un peu de temps pour prier !

Et oui, au fait : what’s God doing, hum ?
La discussion avec Sœur Xania n’est pas facile : elle veut bien parler avec nous parce que « god is beside you »… elle se corrige … « behind you ». Pierre, à côté de moi, s’est tout de suite reconnu !
Ce soir, après avoir fait vœu de chasteté devant sœur Xania (qui se voit obligée de nous demander si nous sommes mariés pour savoir si on peut partager le même lit), on entend les chiens s’énerver. Les loups et les ours ne sont pas loin, heureusement nous sommes sous protection divine.

FormatFactoryMonastère de Slepce

Monastère de Slepce

La protection divine est éphémère. Le lendemain, c’est la chute ! Un énorme soleil pile dans l’axe. L’occasion de voir des étoiles. Il va falloir rouler sans dépasser des virages a plus de 20° vu que la fourche est pliée. On tente le coup jusqu’à Thessalonique.

FormatFactoryEt c'est la chute !

Fourche fourchue

Fourche fourchue et sacoche saccagée

Couture au coin du feu

Couture au coin du feu

Première gelée !

Première gelée !

Lac de Dojran, juste avant la frontière grecque

Lac de Dojran, juste avant la frontière grecque

De Krk à Podgorica

Iles de Krk, Cres, et Losinj
La saison est terminée et on a l’impression d’être tout seul sur les routes. Chaque île est comme une montagne posée sur l’eau, quadrillée de murets en pierres sèches et parsemée de quelques brebis égarées. On arrive à Mali Losinj après 48 côtes et autant de descentes : pas de bateau avant 3 jours pour nous ramener sur le continent. On cherche désespérément un pêcheur ou un plaisancier qui pourrait nous convoyer mais il n’y a pas de poisson ou trop de vent dans cette direction.
Pause forcée ! On en profite pour explorer le bout de l’île et prendre nos derniers bains.

Islands of Krk, Cres and Losinj
The season is over and we seems alone on the road. Each island is like a mountain on the water, with small stones walls and a few sheeps. We arrive in Mali Losinj after 48 ribs and as many runs: no boat before three days to take us back to the mainland. We desperately looking for a fisherman or tourist boat but there is no fish or too much wind in this direction.
Forced break! We took the opportunity to explore the tip of the island and take our latest baths.

P'tit déj 4 étoiles

P’tit déj 4 étoiles / 4 stars breakfast

P'tit déj 5 étoiles

P’tit déj 5 étoiles / 5 stars breakfast

FormatFactoryPape et konzumFormatFactorycrique globe

Nuit dans une chapelle

Nuit au pied de la Vierge / Night at the foot of Virgin 

Sur le bateau nous rencontrons Alexis, un cycliste français en recherche de soleil pour passer l’hiver.
Nous roulons avec lui jusqu’à Split où nous sommes accueillis chez Frane grâce au réseau warmshower. Militaire en activité, il prépare un grand voyage à vélo pour sa retraite. Il héberge les voyageurs de passage en attendant de profiter du réseau à son tour.

On the boat we meet Alexis, a French cyclist searching for sun during winter.
We cycle with him to Split where we are welcomed by Frane, a Warmshower member. Military, he prepares a big bike trip for his retirement. It accommodates travelers crossing waiting to take advantage himself of the network.

Leçon d'éléphant en canette

Leçon 1 : l’éléphant en canette / Lecon 1: can’s elephant

L’énorme route qui longe la côte croate n’est pas très fréquentable. La circulation est dense et le vent capricieux. Nous faisons plusieurs escapades dans l’arrière-pays, plus tranquille, plus chaleureux et moins touristique.

The huge road along the Croatian coast is not very friendly. Traffic is heavy and wind capricious. We do several excursions in the hinterland, quieter, warmer and less touristic.
FormatFactorycôte croate

Tu tires ou tu pointes ?

Tu tires ou tu pointes ?

Nuit dans une maison en construction, au milieu des patates!

Nuit dans une maison en construction, au milieu des patates!  / Night in a home-in-progress, surrounded by potatoes

Paysage croate

Paysage croate / Croatian landscape

Les passages de la frontière bosniaques ne se passent pas tout à fait comme prévu. Dans un anglais approximatif, les douaniers croates nous expliquent que ce tout petit poste frontière perdu dans la montagne est réservé aux « local people »… et ils nous demandent gentiment de rebrousser chemin en direction de la « vraie » frontière, soit un jour de vélo de plus pour nous. On tente la négociation mais ils ne sont pas commodes. Je me retourne une dernière fois pour photographier ce lieu maudit et de grands gestes du douanier me rendent le sourire : ça passe pour cette fois !

The passages of the Bosnian border do not go quite as planned. In barbarian English, Croatian customs tell us that this tiny border post lost in the mountains is reserved for « local people » … and they ask us nicely to turn back toward the « real » border, one day bike more for us. Negotiation on the way, but they are not convenient. I intent one last time to photograph this cursed place and grand gestures of the cop make me smile: that’s OK for now !

La minuscule épicerie

Minuscule épicerie, gros clients / Tiny  grocery, big clients

Notre chauffeur

Notre chauffeur / Our driver

Cadeau bosniasque

« Cadeau » bosniaque / Bosnian « gift »

Nous passons notre dernier jour en Croatie chez Marco, qui accueille tous cyclistes et autres voyageurs dans sa maison au bord de la mer. L’endroit est magnifique et il y a des milliers de choses à faire pour aider Marco. Mais nous ne savons par où commencer. Pour finir, on a passé de bons moments à discuter, et Pierre l’a aidé à défoncer un écrou sur la roue arrière de sa voiture. On s’est promis de revenir pour installer la douche et nettoyer le parc.

We spend our last day in Croatia in Marco’house, who welcomes all cyclists and other travelers in his house at the edge of the sea. Beautiful place and there are thousands of things to do to help Marco. But we do not know where to start. Finally, we had a good time talking, and Pierre helped smash a nut on the rear wheel of his car. We promised ourself to come back to install the shower and clean up the park.

Chez Marco

Chez Marco / Marco’s home

Réparation au marteau et au burin, en toute délicatesse

Réparation au marteau et au burin, en toute délicatesse / Hammer, delicacy…

Bricolage, toujours très délicat

Bricolage, toujours très délicat / Always delicacy

Monténégro. On arrive par la baie Kotor, c’est absolument magnifique. Sur le bord de la route, un petit chat abandonné s’agite dans tous les sens. Il commence à escalader le vélo de Pierre puis le mien. Peut-être un cycliste réincarné en chat ? Pierre n’a pas le cœur de le laisser là et l’embarque dans une de ses sacoches jusqu’à la prochaine ville où on lui achète à boire et à manger. On le laisse là, un petit message autour du coup : « Keep me, I’m alone ! »

Montenegro. We arrive by the Kotor Bay, it is absolutely beautiful. On the roadside, a small cat abandoned stirred in all directions. He begins to climb Peter’s bike then mine. Perhaps a cyclist reincarnated as a cat? Pierre does not have the heart to leave him there and embarks on one of his bags to the next town where we buy him to drink and eat. We let it there, a little message around his neck: « Keep me, I’m alone! « 

Frontière Croatie-Monténégro

Frontière Croatie-Monténégro / Bordery Croatia-Montegnegro

FormatFactoryadoption du chat

Matchka le chat / Matchka the cat

De Venezia à …Krk

carte Venise - Krk

A Venise, eh ouais mec.

A Venise, eh ouais mec.

Ah Venezzia!! Entre la soirée dans the squat de Venise, l’invitation au concert de Claudio Ambrosini, la chute dans le canal, les cafés et les sprits sur le Campo Santa Margharita et les nombreuses rencontres, on a bien cru qu’on arriverait jamais jusqu’à la piazza San Marco… Dur dur de repartir après ces 4 jours de pause!

2 SAS aventuriers cools a Venise, hang up guys !

2 SAS aventuriers cools a Venise, hang up guys !

Reconstitution de la chute légendaire de lucie, le lendemain

Reconstitution de la chute légendaire de lucie, le lendemain

Les ferries a Venise. Ben ça fait de l'ombre

Les ferries a Venise. Ben ça fait de l’ombre

La cymbale découpée manu militari

La cymbale découpée manu militari

L'ambrosophone. Ca sonne plutôt bien, l'engin est rempli d'eau

L’ambrosophone. Ca sonne plutôt bien, l’engin est rempli d’eau

Une cafetière italienne multiprise

Une cafetière italienne multiprise

Sara et Glauco, merci pour l'accueil high standing a Venise

Sara et Glauco, merci pour l’accueil high standing a Venise

 

Après Venise, direction Udine, à la recherche de Rabsel, le moine Pontacquais rencontré quelques jours avant…

Avec Gianfranco qui nous offre le café a Udine, et s'echappe. Gentlemen ces italiens.

Avec Gianfranco qui nous offre le café a Udine, et s’echappe. Gentlemen ces italiens.

Ils font des statues à notre effigie avant qu'on arrive, maintenant

Ils font des statues à notre effigie avant qu’on arrive, maintenant

Yack italien, sisi

Yack italien, sisi

Dans la montée, vers le monastère bouddiste,  quelqu'un a mis deux verres près de la source. Réincarnation assurée

Dans la montée, vers le monastère bouddiste, quelqu’un a mis deux verres près de la source. Réincarnation assurée

Om, on y est, au monastère

Om, on y est, au monastère

Mais point de Rabsel ici… ce n’est pas le bon monastère!!
Et faute d’initiation à la méditation, nous avons eu droit à un Powerpoint sur Lionnes, une société en forme de pyramide de consommateurs. Assez simple: plus tu convaincs de gens de consommer, plus ca te rapporte d’argent. On va pas nous la faire à nous!

Renzo, qui nous accueille chez eux avec Vera. Apparement j'ai une gueule d'Asterix.

Renzo, qui nous accueille chez eux avec Vera. Apparement j’ai une gueule d’Asterix.

Vera et Renzo, deux franciscains bouddhistes accueillants !

Vera et Renzo, deux franciscains bouddhistes accueillants !

Salut poupée (3m de long)

Salut poupée (3m de long)

un des milles bouddhas façonnés en prothèse dentaire. Héhé, tout mène à la réincarnation.

un des milles bouddhas façonnés en prothèse dentaire. Héhé, tout mène à la réincarnation.

Le moine Kelsang fabrique un mandala (en sable coloré). Tout est vrai dans cette scène.

Le moine Kelsang fabrique un mandala (en sable coloré). Tout est vrai dans cette scène.

Un petit tour en Slovénie et puis revient!

Slovenie !

Slovenie !

Ca caille sur le Matayur

Ca caille sur le Matayur

Re-Italie

La maman de Nikolaj, qu'on a dormi chez elle a Santa Cruce, et qu'on a vachment bien dormi et bu la ptite mirabelle maison

La maman de Nikolaj, qu’on a dormi chez elle a Santa Cruce, et qu’on a vachment bien dormi et bu la ptite mirabelle maison

Stade rongeur, on évolue doucement

Stade rongeur, on
évolue doucement

Ya des ptits dej plus cools que d'autres, vraiment

Ya des ptits dej plus cools que d’autres, vraiment

Kékés ou allergie ? Votez au 3615dermato

Kékés ou allergie ? Votez au 3615dermato

Bon ben ça y est, on quitte l’Italie pour de bon…

Frontière slovène, 2 fois en 2 jours. Chérie, tu penseras à tourner la carte ?

Frontière slovène, 2 fois en 2 jours. Chérie, tu penseras à tourner la carte ?

les yankees ont laissé ça en Slovénie

les yankees ont laissé ça en Slovénie

Petit bout de côte slovène pas bondée.

Petit bout de côte slovène pas bondée.

Slovènes salines. Slovines salènes.

Slovènes salines. Slovines salènes.

Et dans la même journée, la Croatie! Mais y avait pas de panneau pour faire la photo.

Et 3 000!

Et 3 000, dans le tunnel du Freski !

La meilleure chose qu’on a trouvé à faire pour fêter l’arrivée en Croatie c’est de se perdre mutuellement!
Pendant que j’avançais lentement, tout en râlant parce qu’il ne m’attendait pas, Pierre lançait une des plus grandes opérations de recherche de cycliste disparue. Et le tout de nuit évidemment (la reconstitution n’est pas réaliste sur ce point).

Stop stop do you speak english ?

Stop stop do you speak english ?

Arghhh, je crois que ça capte pas, ou alors y a plus de pile...

Arghhh, je crois que ça capte pas, ou alors y a plus de pile…

Café Lovac, spécialisé en recherche de cycliste en montagne : on a gagné une nuit à l'hôtel!

Café Lovac, spécialisé en recherche de cycliste en montagne : on a gagné une nuit à l’hôtel!

Ca passe pas

Ca passe pas

Silvia et Fabio à Grozjnan

Silvia et Fabio à Grozjnan

Miha et sa femme dans les rues de grosjnan

Miha et sa femme dans les rues de grosjnan

T'es sûr qu'on y va ??

T’es sûr qu’on y va ??

"Arrivée Lucie" Et ben non, on est qu'à la moitié de cette p..#?(@% de montée

« Arrivée Lucie » Et ben non, on est qu’à la moitié de cette p..#?(@% de montée

Après une matinée d’efforts surhumains on a fini par y arriver, en haut du col Ucka Vela, et on est descendu en 30 minutes (42km/h !! de moyenne marseillaise) de l’autre côté, dans la ville portuaire de Rijeka.

Bateau de la guerre de 41-45

Bateau de la guerre de 41-45, sans blague

Grue Héron

Les fameuses grues-herons cyclophages de Rijeka

De Gênes au Delta du Pô

Arrivée à Gênes au petit matin, après une soirée bien arrosée!

Arrivée à Gênes au petit matin, après une soirée bien arrosée!

Nous passons une bonne partie de la journée à Gênes, un peu ralentis par le mal de tête hérité de la soirée avec Marco et Felipe… C’est l’occasion de découvrir le merveilleux chocolat chaud italien, qui ressemble plutôt à une épaisse crème chocolatée chaude, une sorte de néo gloubi-boulga. L’occasion aussi de croiser Fabio, journaliste à la Reppublica, qui nous photographie sous toutes les coutures pour rédiger un article à notre sujet !

Il est temps de quitter la côté méditerrannée direction la plaine du Pô. Mais avant de rejoindre les rives du fleuve, il nous faut franchir les Apenins, sous la pluie…

LA PLUIE. On a été chanceux jusque là mais il faut qu’on s’y frotte.
C’est l’occasion de se rendre compte que nos k-way et pantalons ne sont pas vraiment étanches… Au premier décathlon, je m’arrête pour investir dans le vêtement haut de gamme. Pierre préfère macérer dans l’humidité… En revanche, je jalouse sa deuxième paire de chaussures sèches.

Passo di Giovi, notre premier col, sous la pluie...

Passo di Giovi, notre premier col, sous la pluie…

Investissement de première importance

Investissement de première importance

La pluie nous fait expérimenter différentes techniques de séchage : nos vélos se sont transformés en séchoirs ambulants avec une mention spéciale pour le fil à linge de Pierre. Brevet N°27 000.A6

FormatFactoryTechnique de séchage

Sous la pluie, c’est moins rigolo de planter la tente ou de faire du feu. Mais ce soir, au bord de la route, c’est grand luxe!

Campement

Campement

Dans les caves de notre demeure d'un soir!

Dans les caves de notre demeure d’un soir!

Photo de groupe, sur la place de Castelnuovo Scribia

Photo de groupe, sur la place de Castelnuovo Scribia

Ici, tout le monde connaît Lourdes!

Ici, tout le monde connaît Lourdes!

Et 2 000!

Et 2 000!

Après l'effort le réconfort!

Après l’effort le réconfort!

A Auchan, on recharge les batteries à tous les sens du terme!

A Auchan, on recharge les batteries à tous les sens du terme!

Ce soir, après avoir essuyé deux refus pour remplir nos gourdes d’eau, la troisième demande est largement récompensée ! Georgio et Grazie nous invitent à la table de leur ami Primino, où on se régale de saucisson, jambon, coppa, polenta, parmesan et gorgonzola, c’est royal !

Récupération d'eau de pluie

Récupération d’eau de pluie

Chez Primino, avec Gorgio e Grazie

Chez Primino, avec Gorgio e Grazie

Mise en place du réchaud à essence et première utilisation, pas facile...

Mise en place du réchaud à essence et première utilisation, pas facile…

On ne maîtrise toujours pas...

On ne maîtrise toujours pas…

Enregistrement de Piotr, sur la place de Crémone

Enregistrement de Piotr, sur la place de Crémone

Mais qui c'est qui me pique les fesses ??

Mais qui c’est qui me pique les fesses ??

Lucrezia, serveuse francophile

Lucrezia, serveuse francophile

Les jours passent et se ressemblent, nous sur la digue, le pô et les peupliers à notre droite, les porcheries industrielles et les maisons abandonnées à notre gauche.
Un énorme orage vient rompre cette monotonie. On se réfugie dans la boutique de Viviana qui nous invite à manger chez elle puis finalement à dormir. Elle et son mari Umberto sont aux petits soins, au point de nous prêter ces magnifiques pyjamas pour passer la nuit !

Le Pô

Le Pô

Le Pô au soleil!!

Le Pô au soleil!!

Divertissement

Divertissement

Chez Umberto et Viviana

Chez Umberto et Viviana

… et les fameux pyjamas!!

De Cannes à Genova, viva Italia !!

Merci Marco pour l'hébergement à Genova !

Merci Marco pour l’hébergement à Genova !

 

2 vélos, 10 Sacs et 4 personnes dans un kangoo à Genova

 

Pizza !

 

FormatFactoryTentative N°1

Tentative N°1

Petit moment de flottement, on nous a pris pour les vainqueurs de la course…

 

Papillon italien

Papillon italien

Roberto !

Roberto !

 

45 kg…

 

...et 45 kg

…et 45 kg

 

 

 

Rabsel, moine boudhiste originaire de Pontacq ! Le monde est tout petit...

Rabsel, moine boudhiste originaire de Pontacq !
Le monde est tout petit…

 

La courge italienne

La courge italienne

 

La piste cyclable utilisée dans Star Trek… Royal !

Ca y est, j'ai trouvé quelqu'un qui veut bien pédaler à ma place !!

Ca y est, j’ai trouvé quelqu’un qui veut bien pédaler à ma place !!

 

Voyage sponsorisé par l'école de céramique d'Antibes

Voyage sponsorisé par l’école de céramique d’Antibes

 

Sur la promenade des anglais, avec Yassine et Julien

Sur la promenade des anglais, avec Yassine et Julien

 

Les stars montent les marches

Les stars montent les marches du palais des festivals

De Narbonne à Marseille

 

 

La Cannebière, putain con!

La Cannebière, con !

Copain des bois ou le réchaud en canette

Copain des bois ou le réchaud en canette

Dédicace culinaire à Rémi et Manon

Dédicace culinaire à Rémi et Manon

La Camargue et ses flamands roses

La Camargue et ses flamands roses

Accident de piano

Accident de piano

Chez Laurent, dégustation de magret de Colvert

Chez Laurent, dégustation de magret de Colvert

La grande Motte (Moche)

La grande Motte / Moche

1000 km !! Et on est qu'à 500 bornes de Pau...

1000 km !! Et on est qu’à 500 bornes de Pau…

En arrivant à Sète, Yassine, grand cycliste et Fabrice, cycliste en devenir

En arrivant à Sète, Yassine, grand cycliste et Fabrice, cycliste en devenir

Premières gouttes et première crevaison!

Premières gouttes et première crevaison!

Au café, chez Elisabeth et Michel

Au café, chez Elisabeth et Michel

Revoilà la mer

Revoilà la mer

Alan and his wife, deux anglais en perdition au bord de la route

Alan and his wife, deux anglais en perdition au bord de la route : B.A. is done